Politique et diplomatie - Vers un Commonwealth arabe au Proche-Orient
Quelles conclusions peut-on légitimement tirer des événements qui se sont récemment produits au Moyen-Orient, de l’évolution de la crise et de son issue ? J’essaierai de les rassembler, puis d’en tirer, s’il y a lieu, quelques leçons pour l’avenir.
Il est désormais, me semble-t-il, impossible de contester les critiques, qui dès l’origine, furent formulées par la France à l’encontre du pacte de Bagdad. Celui-ci fut, on le sait, d’inspiration strictement anglo-saxonne. Il résulta d’efforts partiellement convergents de Washington et de Londres. Les États-Unis, après le remplacement en 1953 de l’administration démocrate par une administration républicaine, avaient abandonné, au moins provisoirement, l’espoir de rassembler tous les États du Moyen-Orient, y compris les États arabes, dans une organisation militaire associée à l’alliance occidentale. M. John Foster Dulles, au retour d’un voyage circulaire qui l’avait mené à travers le Proche-Orient, quelques semaines après qu’il eût pris ses fonctions au Département d’État, disait excellemment de la Middle East Défense Organisation : « Ce n’est pas une possibilité immédiate ». Mais il ajoutait que si les pays de la Ligue arabe étaient plus préoccupés de leurs querelles avec Israël, la Grande-Bretagne ou la France, que de la menace du communisme soviétique, les pays du « northern tier » étaient plus conscients de ce danger. Les États-Unis allaient donc, à partir de 1954, s’efforcer d’unir les pays du « northern tier » (Turquie, Pakistan, Iran) en un système d’alliances militaires épaulé sur l’Occident, et plus précisément sur Washington.
Le gouvernement britannique partageait les soucis du gouvernement américain et approuvait sa politique. Celle-ci correspondait en effet à l’attitude traditionnelle que Londres avait adoptée dans ce secteur à l’égard de la Russie, bien avant que la Russie soit soviétique, bien avant donc la découverte du pétrole.
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