Institutions internationales - Les États-Unis et l'organisation du monde communiste - La République fédérale d'Allemagne (RFA) au Conseil de sécurité des Nations unies - Bilan négatif du Conseil européen - Cohésion de la zone franc
Si le monde n’est plus celui de la guerre froide et de la bipolarisation politique, les États-Unis et l’Union soviétique n’en maintiennent pas moins une influence déterminante sur les pays qui sont liés à eux par les liens de la coopération dans un cas, de la subordination dans l’autre, en même temps qu’ils exercent l’un sur l’autre une influence qui devient parfois un l’acteur de motivation de leur diplomatie. La lutte qui paraît devoir opposer MM. Ford et Carter pour l’élection présidentielle a un enjeu qui ne se limite pas aux États-Unis, bien qu’il ne semble pas qu’en matière de politique étrangère, Démocrates et Républicains soient séparés par de profondes divergences de vues quant aux objectifs. Les manifestations d’autonomie de certains partis communistes européens, même si leur signification n’est pas à la mesure de la propagande qu’elles sous-tendent, n’affectent pas seulement les relations entre Moscou et ces partis : rien de ce qui touche au monde communiste ne peut laisser les États-Unis indifférents.
Chaque tension politique « interne » en Europe a ainsi une dimension internationale : si c’est particulièrement net dans les cas du Portugal et de l’Italie, ce n’est pas moins vrai dans celui de la Roumanie. Par la conférence d’Helsinki, l’Union soviétique a voulu faire cautionner par les Occidentaux les frontières en Europe centrale et orientale, c’est-à-dire l’état de choses hérité des lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Les Occidentaux n’envisageaient pas de recourir à la force pour modifier cet état de choses, quelles qu’aient pu être leurs réserves quant à sa légitimité historique et politique. Le problème vient d’être posé par un pays communiste, la Roumanie. Publié par les « Éditions politiques » de Bucarest, un livre vient de réaffirmer sans détour le caractère roumain de la Bessarabie, annexée en 1944 par l’Union soviétique, qui en fit la République fédérée de Moldavie. C’est la première fois que celle question est posée à Bucarest, avec l’accord du gouvernement (peut-être même sur son incitation).
Ce fait illustre l’extrême instabilité de la situation internationale, et si l’on tient compte des incertitudes qui pèsent sur l’avenir de la péninsule hispanique, de celle des Balkans, du Moyen-Orient, comme des remous qui agitent la Chine, etc., force est de constater que de nombreuses causes de tensions subsistent, tensions qui, pour certaines d’entre elles tout au moins, sont lourdes de possibilités de conflits. Or aucune d’elles n’est l’objet de débats au sein des institutions internationales.
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