Politique et diplomatie - L'écheveau libanais
L’impossibilité de mettre un terme aux combats auxquels se livrent les diverses factions libanaises comporte sans aucun doute des leçons. En bref, on peut tirer de ces événements deux interprétations opposées : pour les uns, la guerre civile libanaise témoigne de la capacité des grandes puissances et des États de la région de manipuler les crises en s’opposant par groupes et personnalités interposés. Pour d’autres, les mêmes événements témoignent au contraire de l’incapacité dans laquelle se trouvent les grandes puissances et probablement aussi les États de la région de contrôler une situation locale qui évolue désormais d’une manière imprévisible en fonction de données irrationnelles.
Ces deux interprétations comportent sans doute une part de vérité ; mais il faut compenser ce que chacune a d’excessif. Le fil logique qui permet de s’y retrouver dans les méandres de la crise libanaise me paraît être le suivant, en ce qui concerne au moins les influences extérieures : il existe une convergence d’intérêt entre les pays et les groupes libanais qui souhaitent, pour des raisons diverses, la cessation des combats et le retour à une vie normale dans le cadre de l’État. C’est le cas des États-Unis, de la Syrie, de la plus grande partie de la minorité chrétienne et d’une partie des cadres de l’OLP. Mais les motivations de ces acteurs sont différentes.
L’Administration américaine, pour des raisons de fond et pour des raisons de circonstances, cherche à éteindre l’incendie libanais. Quant au fond, la continuation des combats implique le risque d’une mise en cause de l’existence même de la communauté chrétienne sur le territoire libanais, d’une lutte politique ou militaire entre les diverses tendances arabes progressistes, d’une intervention syrienne plus marquée entraînant une intervention israélienne ; bref, d’une évolution telle que les États-Unis pourraient être contraints d’intervenir, mettant ainsi en question les résultats — minces ou substantiels selon les commentateurs — obtenus par Kissinger dans la recherche de la paix, et rendant plus difficile la coopération au niveau global avec l’Union Soviétique. Ces raisons de fond, tout porte à croire qu’elles s’imposeront également à l’Administration qui gérera les affaires américaines à partir du 1er janvier 1977.
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