Mao Tsé-toung est mort, après Chou En-lai. Le président Ford va peut-être céder la place à Jimmy Carter. En 1978, les Européens éliront au suffrage universel l'Assemblée prévue par le Traité de Rome, aussitôt après les élections législatives françaises, dont chacun s'accorde à penser qu'elles seront sévèrement disputées. Les Allemands, eux, auront voté quand cet article paraîtra. Dans ce contexte, qu'est-ce qui peut changer ? L'objet de cet article n'est certes pas d'épuiser la question mais de proposer quelques réflexions sur quelques-uns des événements passés ou à venir qui ont été évoqués ci-dessus.
Politique et diplomatie - Ce qui peut changer
Mao Tsé-toung est mort, après Chou En-lai. Le Président Ford va peut-être céder la place à Jimmy Carter. En 1978, les Européens éliront au suffrage universel l’Assemblée prévue par le Traité de Rome, aussitôt après les élections législatives françaises, dont chacun s’accorde à penser qu’elles seront sévèrement disputées. Les Allemands, eux, auront voté quand cet article paraîtra. Dans ce contexte, qu’est-ce qui peut changer ? L’objet de cet article n’est certes pas d’épuiser la question mais de proposer quelques réflexions sur quelques-uns des événements passés ou à venir qui ont été évoqués ci-dessus.
La mort de Mao Tsé-toung, attendue depuis longtemps, a été précédée et sera suivie de spéculations sur les nouvelles orientations que la Chine pourrait donner à ses relations extérieures. Pour le moment, rien ne permet de prévoir une évolution spectaculaire. Après le choc que constitue la disparition du « grand timonier » pour un peuple à qui l’on avait enseigné qu’il était le guide irremplaçable, l’accent sera inévitablement mis sur la continuité. Le discours prononcé le 18 septembre, en qualité de Premier Ministre par M. Hua Kuo-feng, lors de l’hommage rendu à la mémoire du défunt, insiste, comme on pouvait s’y attendre, sur la nécessité d’appliquer les leçons du Maître en préservant la lutte à l’intérieur contre la bourgeoisie, à l’extérieur contre le révisionnisme, c’est-à-dire contre l’Union Soviétique et ses alliés.
En effet, ces « révisionnistes », les partis communistes de l’U.R.S.S. et ceux qui conservent avec Moscou des liens plus ou moins étroits, se sont vu signifier expressément par Pékin que la mort de Mao ne modifiait en rien l’attitude du P.C. chinois à leur égard. Après un temps de réflexion, le comité central du parti communiste de l’U.R.S.S., imité par les comités centraux de la plupart des pays de l’Est (à l’exception du parti hongrois) avait adressé des condoléances au comité central à Pékin. Ces messages n’ont pas été acceptés, mais renvoyés aux expéditeurs. La démarche de l’U.R.S.S. et de ses alliés signifiait en termes à peine codés que, malgré les désaccords persistants, les P.C. de l’U.R.S.S. et des pays de l’Est européen étaient prêts à reconnaître que le P.C. chinois demeurait au sein de la famille communiste. La réponse de Pékin signifie que pour les Chinois le P.C. soviétique et ceux qui l’appuient ne sont plus des communistes et doivent être dénoncés et combattus. La Chine n’a que faire de leurs condoléances. Quant aux messages présentés par les représentants des gouvernements, il en va différemment. La Chine ne peut pas nier que ces États existent, ni qu’il soit nécessaire d’entretenir avec eux les relations qu’implique la contiguïté territoriale, les échanges commerciaux, les différends politiques, même les plus vifs. Il ne faut donc pas s’attendre à court terme à une évolution dans ce domaine. D’autant plus qu’au divorce idéologique qui oppose Pékin et Moscou, à leur rivalité pour la direction du mouvement communiste international, vient s’ajouter pour la Chine le repli sur soi fondé sur une méfiance traditionnelle à l’égard du monde extérieur.
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