Dans cette seconde partie, les auteurs développent une réflexion sur les initiatives à prendre sur un plan organisationnel afin qu'apparaissent, au sein de l'UE, les conditions les plus favorables au développement d'une dynamique commune de financement de la recherche stratégique aussi ambitieuse qu'efficace. Parmi les propositions formulées figurent des recommandations portant sur un recours à la notion de « technologie capacitante », sur la mise en place de mécanismes faisant appel à des nations-cadres et à des nations-pilotes (par extrapolation des ces notions telles qu'elles sont envisagées dans le cadre d'opérations militaires conduites sous le contrôle politico-militaire de l'UE), sur la création de deux agences européennes consacrées spécifiquement aux opérations communes d'investissement en faveur de chacun des deux volets de la R&D stratégique, et enfin, sur les différentes options possibles pour le financement de tels investissements.
Relancer la recherche stratégique (2nde partie) - Comment agir en faveur de la R&D stratégique au niveau de l'UE
Relancer la recherche stratégique au sein de l’UE est non seulement indispensable mais possible. Cette seconde partie de l’article tente de le montrer en apportant une contribution significative à la réflexion d’ensemble engagée par les autorités politiques et administratives ayant cette responsabilité.
La multiplication des initiatives de la Commission européenne visant à déployer des stratégies européennes en réponse à des enjeux aussi essentiels que peuvent l’être ceux auxquels sont confrontés les Européens : espace, technologie de l’information, approvisionnement énergétique, biotechnologie… constituent autant de voies encourageantes en la matière.
Investir plus, investir mieux
« Investir plus » dans ces secteurs, de manière à réduire tout ou partie du fossé (gap) qui s’est progressivement développé entre l’Europe et les États-Unis en termes d’investissements (lequel dépasse 120 milliards de dollars par an) (1), est devenu une ambition collective des Européens. Pour autant, satisfaire aux exigences emportées par une telle ambition ne saurait suffire en soi : il est devenu impératif que les Européens s’emploient aussi à « investir mieux » en déployant une stratégie d’investissement dans la préparation du futur (tant en matière d’activités de R&D que d’infrastructures ou de ressources humaines) qui garantisse durablement, aux États comme à l’UE, l’indépendance de leurs moyens d’analyse, de décision et d’action dans l’exercice des missions régaliennes qui participent d’une démarche stratégique globale, et notamment, la capacité de conduire de grands programmes technologiques et industriels.
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