Cet article présente le rôle des réseaux nationaux d'innovation pour dynamiser la recherche et la technologie en France ainsi que l'utilisation qui en est faite par la communauté de défense. À partir d'une évaluation conduite auprès d'acteurs ayant accepté de partager leur premier retour d'expériences, et sans prétendre à l'exhaustivité d'une telle évaluation, les auteurs sont parvenus à dégager quelques grandes caractéristiques du fonctionnement actuel des réseaux et à mettre en évidence leur impact sur la recherche tant civile que de défense ainsi que sur la compétitivité économique nationale. Ils précisent enfin les conditions essentielles qui permettraient de tirer pleinement avantage d'une implication plus active du ministère de la Défense dans les réseaux nationaux de recherche et d'innovation (RRIT).
Les réseaux d'innovation : quels enjeux pour la Défense ?
L’objectif du présent article est double. Dans une première partie il tente de mettre en évidence l’apport et les limites du fonctionnement des réseaux nationaux de recherche et d’innovation (RRIT). Dans une seconde partie, il dégage quelques pistes pour que la politique de R&D orientée par les programmes d’armement du ministère de la Défense puisse tirer pleinement avantage d’une implication plus marquée dans les RRIT. Afin de s’adapter aux nouvelles conditions économiques et politiques des années 90, le système de recherche et d’innovation français a connu des transformations radicales dans ses composantes civiles et militaires. Parmi les facteurs les plus déterminants qui ont motivé ces transformations, figurent en bonne place :
• la réduction drastique des grands programmes technologiques de défense ;
• la réduction des soutiens publics à la recherche industrielle dans les grands groupes, accompagnée de nouvelles priorités civiles en faveur des sciences du vivant, et des technologies de l’information et de la communication ;
• l’émergence de l’espace européen de la recherche, ce qui a conduit à s’orienter de façon quasi systématique vers des coopérations européennes et internationales ;
• l’ouverture du capital des grandes entreprises technologiques (1).
Les pouvoirs publics ont accompagné ces évolutions en adoptant une nouvelle loi sur l’innovation ainsi qu’un plan d’action gouvernemental. De nouveaux mécanismes incitatifs ont été mis en place afin de rapprocher, de manière très concrète, l’univers de la science et de la recherche publique, celui de l’innovation technologique et les milieux économiques et financiers, afin que le système scientifique et technologique français renforce sa performance technologique et sa compétitivité en Europe et dans le monde.
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