Concordia, première opération militaire de l'UE en Arym, a été un succès puisque après avoir été réclamée par les autorités locales pour prendre le relais d'une opération de l'Otan, elle s'est conclue à la satisfaction de tous. Cette opération, qui a également validé les accords dits « Berlin+ » de soutien de l'UE par l'Otan, a surtout démontré la capacité de l'UE à mettre en oeuvre des stratégies de gestion de crise globale, éclairées par une vision politique volontariste, dont le volet militaire ressort avec d'autant plus de légitimité et d'efficacité.
Vers une Union opérationnelle ? Concordia
Le 31 mars 2003, l’opération Concordia, première opération militaire de l’Union européenne, prenait le relais de l’opération Allied Harmony de l’Otan, à la demande du président Trajkovski, chef de l’État en ancienne République yougoslave de Macédoine (Arym). La mission de cette première force de l’Union européenne consistait à soutenir la mise en œuvre des accords d’Ohrid qui ont mis fin à la crise qui avait mené le pays au bord de l’éclatement à l’été 2001. Ce soutien se traduisait par la présence visible et dissuasive d’équipes de liaison déployées dans l’ancienne zone de crise, par l’élaboration d’une évaluation permanente de la situation dans cette zone, permettant à la communauté internationale de réagir utilement en cas d’incident, et enfin par la mise en œuvre d’une capacité d’extraction au profit des moniteurs de la communauté internationale. Le mandat initial de six mois fut ajusté, en cours d’opération, à huit mois et demi pour tenir compte de la conjoncture à l’automne. Le 15 décembre, donc à la date prévue, l’UE mettait fin à l’opération Concordia, qui devenait ainsi le premier succès militaire de la PESD.
Pourquoi une première opération militaire de l’UE en Arym ?
Pour comprendre ce choix, il faut tout d’abord observer que la force Concordia ne venait pas seulement relever une force Otan déployée depuis la conclusion des accords d’Ohrid, mais bien prendre la place de la composante militaire d’une opération européenne globale de gestion de crise, exemplaire, dans laquelle l’UE avait été dès le début un acteur majeur.
Les origines de la crise
Revenons en effet sur les origines de cette crise et tout d’abord sur l’intérêt stratégique que l’Arym représente pour l’Europe.
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