L'histoire nous enseigne que l'existence d'une menace commune n'a jamais permis d'unifier l'Europe. C'est l'éloignement de la menace après la fin de la guerre froide et le basculement d'une défense territoriale à une défense de projection, qui ouvrent paradoxalement la voie à une « Europe puissance » par la défense ; mais les ambitions de cette « Europe puissance » sont limitées à la fois par l'hyperpuissance américaine et par les divergences toujours possibles entre puissances européennes.
L'Europe, puissance par la défense ?
La défense n’a pas été au cœur de la construction européenne. Et pourtant, depuis quelques années, les Européens s’émancipent de l’Otan et font des pas de géant dans la définition d’une « Europe de la défense ».
La défense est liée à l’identité et à la puissance. Dans une logique dynamique, la défense devrait : être un élément essentiel de la construction européenne ; affirmer l’identité de l’Europe face à des menaces communes et dans son rapport avec le monde ; mais jusqu’où l’Europe de la défense peut-elle vraiment conduire à l’Europe politique et à « l’Europe puissance » ?
L’histoire nous enseigne que l’existence d’une menace commune n’a jamais permis d’unifier l’Europe. C’est le changement de notre environnement géostratégique après la fin de la guerre froide, avec le basculement d’une défense territoriale à une défense de projection, qui ouvrent paradoxalement la voie à une « Europe puissance » par la défense. Or les ambitions de cette « Europe puissance » sont contrariées à la fois par le jeu de l’hyperpuissance américaine, ainsi que par les différences d’intérêts et les divergences potentielles entre États européens.
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