Examen des relations UE-Otan par un membre de l'état-major militaire de l'UE (EMUE) ; particulièrement opportun après les opérations Concordia et Artémis, et l'adoption de la Stratégie européenne de sécurité . La montée en puissance de l'UE devrait conduire, selon l'auteur, à une clarification des relations transatlantiques et à des actions complémentaires de l'UE et de l'Otan.
Les relations UE-Otan : une vision européenne
Réfléchir sur les relations que l’Union européenne nourrit avec l’Otan s’apparente peu à une comparaison entre organismes de même nature. D’une part se tient une Alliance atlantique politico-militaire de 54 ans d’existence, en pleine Transformation depuis quelques mois afin d’adapter son dispositif prépositionné aux nouvelles menaces dynamiques de notre siècle. D’autre part, l’Union européenne constitue une organisation unique en son genre, dont les États membres ont mis en place des institutions communes auxquelles ils délèguent une partie de leur souveraineté, notamment dans les domaines économique, financier, environnemental et même juridique. L’état-major militaire de l’Union européenne (EMUE) n’a été installé qu’en juin 2001, après que les Quinze ont décidé de se doter de structures politico-militaires, en décembre 2000, à Nice. Les premiers officiers en uniforme ont alors commencé à travailler avec leurs partenaires civils de Bruxelles, au Secrétariat général du Conseil de l’Union européenne.
L’état-major a réalisé en 2003 la planification stratégique des deux premières opérations militaires de maintien de la paix dans l’histoire de l’UE : l’une, Concordia, en Ancienne république yougoslave de Macédoine (Arym), l’autre, Artémis, en République démocratique du Congo (RDC), toutes deux achevées à ce jour avec succès. Les enseignements de ces opérations passées, l’élargissement — qui élèvera la population de l’UE à presque un demi-milliard d’habitants produisant environ le quart du PNB mondial —, l’adoption de la Stratégie européenne de sécurité, ainsi que des travaux sur la future constitution européenne, impliquent de nouveaux projets de développement de la défense européenne.
Dans ces conditions évolutives de part et d’autre, parfois tortueuses, il n’est donc pas surprenant d’assister à des tensions trans-atlantiques, sur fond de désaccords sur le Proche-Orient, conduisant à des « crises de maturité entre l’UE et l’Otan » (1), des suspicions réciproques, des accusations de « concurrence » (2), voire de menace de l’une pour l’avenir de l’autre.
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