Après une présentation des motifs de l’intervention militaire des États-Unis, on expose d’abord les structures sociales de l’Irak. Ensuite, on examine le plan politique américain visant à y établir la démocratie. Cela amène à montrer les deux obstacles majeurs à la réalisation de ce plan : les structures sociales et l’islam. Enfin, est suggérée, comme alternative, la création d’une fédération en vue de sauvegarder les droits des différents groupes en plaçant ce pays sous le mandat de l’ONU afin de prendre le temps nécessaire à la réalisation d’un tel projet, ce qui est dans l’intérêt de l’Irak et de la communauté internationale.
Quelles perspectives politiques à venir pour l'Irak ?
Dès le début de 2002, à la suite des attentats du 11 septembre 2001 contre les deux tours symboles de New York et contre le bâtiment du Pentagone à Washington, effectués par des islamistes membres d’Al-Qaïda, le président des États-Unis d’Amérique, George W. Bush, voulait faire la guerre à l’Irak en vue de renverser le régime de Saddam Hussein. Il a placé l’Irak, avec l’Iran et la Corée du Nord, dans « l’axe du mal » et le désigna comme l’objectif prioritaire à frapper dans la guerre contre le terrorisme, parce qu’il affirmait que le régime de Saddam Hussein était en relation avec l’organisation islamiste Al-Qaïda d’Oussama Ben Laden, et qu’il possédait des armes de destruction massive (ADM) chimiques, biologiques et nucléaires qui représentaient une menace pour les États-Unis. En outre, il accusait ce régime de violer les droits de l’homme.
Arguments, prétextes et motifs
Ces arguments étaient insuffisants pour mener une guerre en Irak et contradictoires par rapport à la politique générale des États-Unis à l’égard de ce pays et du Moyen-Orient. Un an après la guerre, les ADM n’ont pas été trouvées. De plus, les États-Unis, comme la plupart des pays occidentaux et des pays de l’ex-bloc soviétique, avaient aidé l’Irak de Saddam Hussein à développer les armes en question. La possession de ces armes fut l’argument principal utilisé par l’Administration Bush pour intervenir en Irak. Quand le régime de Saddam Hussein gaza l’armée iranienne au cours de sa guerre contre l’Iran (1980-1988), les États-Unis, alors alliés de l’Irak, n’avaient rien fait pour empêcher ce dernier d’utiliser des armes chimiques. Les droits de l’homme furent également systématiquement violés par le régime baassiste tout au long de son règne, jusqu’à avoir recours à l’emploi d’armes chimiques contre les populations irakiennes dans le Nord et dans le Sud, au cours des décennies 80 et 90. L’exemple de la ville kurde de Halabja est assez significatif à cet égard, où quelque 5 000 personnes furent gazées en mars 1988 (1). Là non plus, les États-Unis ne sont pas intervenus en vue de protéger les habitants contre la dictature sanguinaire de Saddam Hussein. De même, au cours de la guerre du Golfe de 1991, les Alliés incitèrent les Irakiens à renverser le régime baassiste. Après le cessez-le-feu du 28 février 1991, abandonnés à leur sort, les insurgés furent massacrés (2).
Il est utile de rappeler que Saddam Hussein et les baassistes sont venus au pouvoir à l’aide d’un coup d’État militaire organisé avec le concours de la CIA contre le régime du général Kassem, qui fut renversé le 8 février 1963 et fusillé (3).
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