La défense européenne a commencé à se concrétiser sur le terrain puisque deux opérations militaires, l’une proche, l’autre lointaine, ont été accomplies l’an dernier sous la bannière de l’Union. Une troisième est envisagée dans les Balkans dans les mois qui viennent. Si les capacités européennes d’analyse de la situation internationale et de décision autonome sont désormais en place et ont subi l’épreuve des faits, le développement de capacités militaires mobiles et interopérables est une condition majeure pour la crédibilité de la PESD.
Le développement des capacités militaires de l'Union européenne
Trois années après que le Conseil européen de Nice eut décidé, en décembre 2000, de doter l’Union de structures politico-militaires, celle-ci avait déjà planifié, mené et achevé avec succès ses deux premières opérations militaires, respectivement dans les Balkans occidentaux et en Afrique sub-saharienne (1).
L’état-major militaire de l’Union européenne (EMUE) a été installé à Bruxelles, en juin 2001, et a d’abord travaillé à sa propre organisation jusqu’à la fin de l’année 2002, rédigeant le corpus de concepts, notamment en matière de planification stratégique, de commandement et de contrôle, de logistique et de renseignement. Parallèlement, les procédures de gestion de crise visant à permettre une réaction à la fois rapide et efficace, ainsi qu’une coordination des instruments adéquats de l’Union, étaient mises au point. Un premier exercice de gestion de crise (CME 02), préparé par l’état-major, venait tester l’ensemble du processus d’analyse et de planification qui mène à la décision politique du Conseil de lancer une opération militaire.
Puis le Conseil de décembre 2002, à Copenhague, ouvrait la voie aux accords dits « Berlin + » qui renforcent la capacité opérationnelle de l’Union et fixent le cadre dans lequel s’inscrit son partenariat stratégique avec l’Otan, dans le domaine de la gestion militaire des crises. La voie était alors ouverte à la planification, dès le début de l’année 2003, de la première opération militaire de l’Union en Ancienne république yougoslave de Macédoine (Arym), avec recours aux moyens et capacités de l’Otan. Celle-ci s’est achevée à la mi-décembre 2003 sur un constat de succès sur le terrain. Désormais, une mission de police, lancée juste après par l’Union, ouvre une nouvelle phase dans ce pays en poursuivant la réalisation d’objectifs civils, rendus possibles par la bonne conclusion de la phase militaire.
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