Faut-il amorcer la transformation des forces terrestres et si oui, vers quel projet capacitaire nouveau ? Pourquoi cette démarche est-elle indispensable ? Sur quelles capacités doit porter cette adaptation et quel équilibre devra respecter le futur modèle capacitaire ? Quand faut-il lancer cette ambitieuse démarche et à quel horizon peut-on en espérer la traduction en termes d’effets opérationnels ? Telles sont quelques-unes des questions fondamentales que se posent aujourd’hui tous ceux qui, par intérêt ou par les responsabilités qu’ils exercent, réfléchissent sur l’avenir de nos forces terrestres, et auxquelles l’auteur de cet article apporte des éléments de réponse.
Forces terrestres futures : perspectives…
« Nous devons non pas conserver l’armée de nos habitudes,
mais construire l’armée de nos besoins. »
Général de Gaulle. Vers l’armée de métier.
Confrontée au caractère incertain et mouvant des crises dans lesquelles elle est souvent engagée, l’Armée de terre réfléchit depuis plusieurs années à la nécessaire adaptation des capacités et des modes d’action de ses forces terrestres. Concrétisée en 2000 par un document cadre intitulé « engagements futurs des forces terrestres », cette réflexion se poursuit actuellement et nourrit un processus maîtrisé d’évolution capacitaire (1) qui prend pour point de départ le projet « Armée de terre professionnelle 2008 » présenté par le chef d’état-major de l’Armée de terre (Cemat) à l’automne 2003. Ce processus s’ordonne suivant deux axes étroitement coordonnés : la recherche opérationnelle militaire et la recherche des solutions techniques. C’est essentiellement le premier axe que ce texte se propose d’éclairer en ouvrant quelques perspectives autour desquelles pourra s’ébaucher une réflexion prospective commune à toute l’Armée de terre.
Au-delà de la nécessaire adaptation des systèmes d’armes aux conditions d’engagement à court terme, ce processus de transformation vise à déterminer un horizon futur et à tracer ainsi un axe critique autour duquel est organisé de façon cohérente et raisonnable le développement capacitaire. L’horizon fixé porte désormais un nom : « forces terrestres futures 2025 ». Fruit de nombreuses réflexions, cette perspective capacitaire sera naturellement ajustée régulièrement en fonction des évolutions de l’environnement de l’action des forces terrestres, des progrès technologiques et de l’impératif budgétaire. « FTF 2025 » n’est en aucun cas un modèle qu’il faudrait atteindre à la date considérée.
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