Le plus récent véhicule de combat de l’armée américaine a été vendu au Congrès comme un système adapté à tout type de missions, capable de se mesurer aux chars ennemis, tout en restant suffisamment léger afin d’être transportable par un C-130. Cependant, son poids n’a cessé d’augmenter lors de sa mise en service, ses nombreux défauts et principalement ses lacunes incontestables de feu face à ses concurrents, le rendent inadéquat pour toute opération à l’exception du maintien de l’ordre.
Stryker : entre promesses et réalités
© Courtesy of US Army - Clinton Tarzia. Les soldats de la « Stryker Brigade Combat Team » lors d'une patrouille à Sammarra en Irak. La « cage » censée protéger contre les armes antichars légères est clairement visible.
Le Stryker appartient à une famille de véhicules à roues 8X8. Premier véhicule de combat de l’armée américaine depuis le char Abrams M1 dans les années 80, il est construit par General Dynamics Land Systems (Canada) et General Dynamics Land Systems Division. Le Stryker, de par ses dimensions imposantes (6,99 m de longueur ; 2,72 m de largeur ; 2,64 m de hauteur), est le descendant direct du plus petit LAV III 8X8 canadien, entré en service auprès de l’armée canadienne début 2001 et par ailleurs utilisé par les Marines américains. Il faut noter que le LAV est une copie du Piranha III construit par la firme suisse Mowag. Les différentes versions du Piranha sont en service dans une quinzaine de forces armées à travers le monde. Certains ont beaucoup cru au Stryker et continuent d’y croire encore, malheureusement les critiques sont de plus en plus nombreuses.
Un programme trop ambitieux
L’idée d’intégrer un véhicule à roues dans l’armée américaine, pourtant grande utilisatrice de chenilles, a comme origine un incident qui a eu lieu lors des derniers jours de la guerre du Kosovo. La rapidité avec laquelle une unité russe a pu, grâce aux BTR 8X8, faire le trajet depuis la Bosnie à travers la Serbie et prendre l’aéroport de Pristina au nez et à la barbe des forces de l’Otan, a servi de déclencheur au projet Stryker. En 1999, le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Shinseki, a conclu que ses unités étaient trop lourdes pour les nouveaux types de conflits post-guerre froide où il est nécessaire de projeter des forces armées avec rapidité. Lors de ses visites aux unités de l’Otan stationnées en Bosnie, le général a été impressionné par les véhicules blindés à roues, plus particulièrement par leur discrétion en comparaison aux véhicules à chenilles. C’est de là qu’est née l’idée de créer des unités moins lourdes et donc plus mobiles que les unités blindées, mais beaucoup plus létales que les unités parachutistes. Baptisées « Interim Brigade Combat Teams », plus tard renommées « Stryker Brigade Combat Teams (SBCT) », ces brigades peuvent être déployées dans leur zone de combat par les airs en 96 heures : le C-17 transporte le véhicule dans le théâtre d’opérations, le C-130 prenant ensuite le relais afin de le rapprocher de la zone de combat ; le véhicule étant opérationnel au moment même où il quitte l’avion. C’est sur cette décision de caler le Stryker sur les capacités du C-130 que reposent la plupart des problèmes.
Par la suite tout s’est très vite enchaîné, trop vite pour certains critiques, et le contrat a été conclu en novembre 2000 pour un nombre de 2 131 véhicules qui équiperont exclusivement les six futures brigades. Les premiers tests ont commencé pendant les manœuvres d’Arrowhead Lightning II en mai 2003, et dès novembre de la même année, la première brigade de Stryker était opérationnelle au Koweït (1).
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