Le débarquement en Normandie, qui signifiait l’ouverture d’un second front en Europe, joua un rôle majeur dans l’issue de la guerre en permettant aux Alliés d’enserrer l’Allemagne dans l’étau de deux fronts, à l’est et à l’ouest. Trois jours après le début de l’opération Overlord, l’armée soviétique lançait une grande offensive terrestre en Carélie et en Biélorussie, l’opération Bagration. Il avait fallu attendre la fin de 1943, la conférence de Téhéran, pour que la stratégie de la coalition prenne le pas sur une stratégie privilégiant les intérêts nationaux, pour que des États à systèmes sociaux différents acceptent de coopérer avec l’objectif essentiel de libérer les peuples du joug hitlérien. Une leçon sur la nécessité de l’union, qu’il importe de méditer dans un monde confronté à de nouvelles menaces.
L'opération Overlord ou le triomphe de la stratégie de la coalition
À l’aube du 6 juin 1944, les eaux de la Manche rappelaient celles d’une chaudière en ébullition. 6 000 bâtiments de guerre et cargos avaient quitté les ports britanniques pour les côtes de France. Le vrombissement de quelque 11 000 avions ébranlait l’air. Des centaines de milliers de bombes larguées d’avion et d’obus tirés de la mer s’abattirent sur les positions allemandes tout au long du littoral normand. Les parachutistes se posaient pour s’engager immédiatement dans le combat. Les Marines débarquaient. « Le jour le plus long », celui du débarquement des troupes anglo-américaines sur la côte Ouest de l’Europe, commençait. Vers la fin de la journée, une centaine de milliers de soldats et officiers des armées alliées s’étaient concentrés sur les plages normandes et lançaient l’offensive pour élargir leur tête de pont.
C’est ainsi que fut ouvert le second front en Europe de l’Ouest.
Le second front
La notion même de second front sous-entendait des opérations des forces armées des États-Unis et de la Grande-Bretagne en Europe de l’Ouest. En Europe de l’Ouest précisément, car seule une pression foudroyante sur l’Allemagne exercée simultanément depuis l’Est, où l’Armée Rouge opérait, et depuis l’Ouest, à partir des territoires des États de la coalition anti-hitlérienne qui dépêchaient leurs armées vers les frontières de l’Allemagne, pouvait permettre aux Alliés d’enserrer dans un étau puissant la citadelle du bloc fasciste.
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