Bio terrorisme, agression biologique, risque biologique, arme biologique : autant de vocables pour désigner un danger biologique. Histoire ancienne avec des modes d'expression très diversifiés, elle évolue au fil du temps avec les outils de l'instant : la sophistication, la malignité et la performance sont au rendez-vous. Ce danger est une préoccupation majeure de nos forces armées car elles risquent d'être confrontées à ce péril en première ligne, loin de nos structures habituelles, dans des conditions de stress psychologique, médiatique, au sein duquel les notions de subjectivité, d'efficacité prennent le pas sur le raisonnable.
Bien que l'on évoque les termes très guerriers d'arsenal biologique, d'emplois tactiques, de stratégie thérapeutique, se défendre contre l'arme biologique relève des mêmes principes que ceux utilisés dans la lutte contre les maladies infectieuses.
La vie est risque et agression. Chaque jour nous sommes confrontés à des risques. Ils sont métaboliques (obésité), cardiaques (sédentarité), chimiques (pollution), traumatiques (vie moderne), alimentaires (allergies), microbiens (toxi-infections). Nous sommes agressés quotidiennement par la vie microbienne, avec un déséquilibre croissant d’une activité microbiotique toujours plus intense et d’un monde macrobiotique de plus en plus déficient avec une moindre résistance (1). Chaque jour 30 000 personnes meurent d’infection dans le monde. C’est une fatalité dans les pays pauvres, que l’on maîtrise dans les pays riches.
L’agression (ou le stress des Anglo-Saxons) est nécessaire à toute activité vivante car elle est stimulation, et toute fonction a besoin d’être stimulée pour être efficiente, encore faut-il que les réponses de l’organisme soient adaptées, contrôlées et acceptées dans des limites raisonnables. Le stress et le risque sont nécessaires à la vie, ce qui expliquerait pour partie que de jeunes désœuvrés ou des oisifs comblés recherchent inconsciemment des pratiques dangereuses : « il faut des stimulants de plus en plus puissants aux hommes pour se prouver qu’ils sont vivants » (2). A contrario, ceux qui se plaignent ou redoutent ces contingences, se comportent comme la colombe du philosophe qui se plaignait de la résistance de l’air, mais sans laquelle le vol ne fût pas permis.
En un mot, il est illusoire de concevoir ou d’imaginer la vie sous toutes ses formes sans risque et sans agression. Rappelons qu’une cellule vivante se caractérise par trois fonctions : la reproduction, la nutrition, et, essentielle, la défense.
Risque ou agression ?
Du risque biologique en général
Le risque biologique ou l’agression biologique : une vieille affaire !
Quels enseignements tirer de l’histoire ?
Les acteurs de l’agression
Les modes d’action
L’avenir
Conclusion
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