Les armées françaises se réforment en permanence depuis quarante ans. Les gouvernements successifs de notre pays promeuvent depuis plusieurs années la thématique générale de la réforme de l'État qui porte, quant à elle, un contenu très administratif et technique. Mise en oeuvre de manière systématique au sein du ministère de la Défense, elle risque de méconnaître les finalités propres et les évolutions en cours ou à venir de l'outil militaire que le ministère est appelé à soutenir. Ce risque est d'autant plus fort que tant la contrainte financière que les évolutions stratégiques de notre environnement international conduisent les armées à poursuivre leurs évolutions de format et de fonctionnement.
Rapprocher ces deux champs de réforme pour leur permettre de s'accorder l'un avec l'autre, en replaçant les armées au coeur du mouvement d'ensemble, apparaît ainsi nécessaire. Dans ce cadre, il est possible de tracer quelques pistes de progrès qui, si elles ne constituent pas à proprement parler une « feuille de route » de la réforme de la Défense, en dessineront les principaux axes à court ou moyen terme, sans pour autant affaiblir les repères d'identité qui contribuent à l'engagement des hommes.
Le thème de la réforme de l’État est un élément récurrent du discours politique et constitue souvent un enjeu des programmes gouvernementaux. La Défense, placée au cœur des attributions régaliennes de l’État, relève du champ de cette problématique.
Celle-ci ne concerne toutefois pas directement les fondements, les objectifs et le format de la Défense, tant les menaces contre la sécurité de la nation restent manifestes, même si elles sont diffuses et éloignées de ses frontières ; par ailleurs, la possession d’un outil militaire, moyen de premier ordre au service d’une politique internationale, n’est pas non plus mise en cause. L’adaptation quasi continue du format et des capacités de cet outil pour accomplir les missions confiées par la nation, découle en conséquence de la nécessité de maintenir son efficacité et son efficience dans un cadre d’emploi international. Le Livre blanc de 1994, la professionnalisation décidée en 1996 et le choix de la haute technologie dans nos systèmes d’armes et de force, en marquent le cadre et les grandes inflexions de ces dernières années.
La mise en œuvre de ces choix et, partant, le maintien de la disponibilité opérationnelle de l’outil militaire, constituent la mission propre de notre ministère et la raison d’être des organismes et des structures de l’environnement et du soutien des forces. En revanche, ce sont ces derniers qui ont été, seuls, soumis aux récents mouvements généraux de réforme de l’État, au même titre que les services des autres ministères, selon une logique analogue de rationalisation administrative et financière. Des évolutions importantes ont été réalisées ou sont en cours dans cet esprit.
La réforme de l’État au sein du ministère de la Défense
Définition, historique
Principes retenus et actions engagées
Les réalisations engagées au ministère de la Défense
La stratégie ministérielle de réforme pour 2004 du ministère de la Défense
Les armées au cœur de la réforme de l’État : les enjeux
Lignes et principes d’action
L’enjeu de la consolidation de la professionnalisation
L’enjeu de la conduite des opérations
L’enjeu de la Transformation
Donner un sens et un contenu global à la réforme au sein du ministère de la Défense
Que faire ?
Les domaines et les outils à privilégier
Conclusion
Réforme de l'État, Mindef, Lolf, SGA