Revue des revues
Ch. Millotat (1) lance un plaidoyer pour la Bundeswehr neuve qui sort de multiples vicissitudes (hostilité de certains, méconnaissance ou désintérêt de beaucoup, notamment des grands médias et de trop de politiciens ; brusques variations d’effectifs et dissolutions en chaîne ; restructurations passées avortant faute d’argent…). Aujourd’hui, tout a changé et elle n’est plus « une armée qui sait combattre pour ne pas avoir à s’engager ».
Peu après que la Cour constitutionnelle ait enfin autorisé le gouvernement à participer sans restriction aux opérations internationales de paix, le président R. Herzog avait fermement déclaré que cette armée est un « moyen actif et indispensable » de la politique étrangère de l’Allemagne réunifiée : « Soyons prêts à engager nos moyens militaires lorsque tous les autres moyens ont échoué. Pour autant, l’intervention militaire n’est pas la panacée, ni ne peut être en tête de nos réflexions » (1995).
Aujourd’hui, près de 150 000 Allemands ont servi en Opex, appliquant avec succès l’Auftragstaktik (2) ; ils ont vécu des situations très variées, côtoyé des peuples et des cultures divers, pratiqué une multinationalité encore plus poussée que dans l’Otan, contribué au « nation building » et amassé des expériences bien plus utiles que celles des hommes et événements du XIXe siècle dans une situation tout autre, expérience à laquelle s’était raccrochée la tradition militaire au sortir du trou noir du nazisme.
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