La prolifération des armes de destruction massive, qu’elle soit le fait d’acteurs étatiques ou de réseaux terroristes, constitue une menace clairement identifiée par la communauté internationale. Les armées, concernées au premier chef par la protection de leurs forces déployées en opérations, participent de fait à la lutte globale contre cette menace, au travers de leur rôle en matière de prévention et de dissuasion, de leurs aptitudes à désarmer le proliférant, et in fine, de leurs capacités de défense.
Lutter contre la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs ?
La lutte contre la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs (ADM/V) constitue, en ce début de XXIe siècle, un des défis majeurs pour les gouvernements et implique largement tous les acteurs de la défense de notre pays. Force est de constater que les parades ne peuvent être réellement efficaces que contre une menace fortement réduite par un certain nombre d’actions conduites en amont, qu’elles soient politiques, diplomatiques… voire coercitives. Agir pour ne pas avoir à réagir, tel est le credo opérationnel de notre système de défense.
Prise de conscience
Avant de traiter de lutte contre la prolifération des ADM, il faut peut-être s’interroger sur la réalité des risques que notre pays encourt et sur ce qui en a été dit au plan institutionnel. Sur ce dernier point, il est clair que tout le monde s’accorde pour condamner ce fléau. Tous les travaux conduits dans les enceintes internationales de sécurité s’appuient sur cette déclaration du président du Conseil de sécurité des Nations unies de 1992 selon laquelle : « la prolifération des ADM constitue une menace pour la paix et la sécurité internationale ». Le Livre blanc avait lui aussi mentionné dès 1994, non seulement la menace des ADM, mais aussi celle du terrorisme, le couplage des deux pouvant se révéler extrêmement dangereux pour nos sociétés.
Ce fléau est également pris en compte par l’Alliance atlantique : « La prolifération des ADM et des vecteurs associés constitue une menace pour la sécurité internationale et un sujet de préoccupation pour l’Otan » (1). Au Sommet de Washington, en 1999, un mandat précis de lutte contre la prolifération est donné au « groupe de défense contre la prolifération » (DGP), aujourd’hui très actif, qui constitue le pendant Otan de notre Groupe permanent sur la prolifération (GPP), organe du ministère de la Défense dont nous venons de boucler le 3e mandat. Plus proche de nous, à l’occasion du Conseil européen de Thessalonique, en juin 2003, a été instituée une véritable stratégie de lutte contre la prolifération à l’échelle européenne. Enfin, une accélération importante, au sein de l’Otan comme de l’UE, de l’amélioration de l’outil de défense NRBC (2), qu’il soit destiné aux opérations militaires (bataillons Ecap (3) et NRF (4)), ou ayant vocation à traiter une « crise mettant en jeu des populations » (déclaration de catalogues en vue d’élaborer des plans civils d’urgence), illustre bien cette volonté de relever ce défi.
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