Examen des avantages et des inconvénients de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne tels qu’ils ressortent d’ouvrages ou d’articles récents, mettant en évidence les risques que cette adhésion présente pour l’Europe.
La Turquie dans l'Union européenne : avantages et inconvénients
À l’approche du Sommet des 17 et 18 décembre 2004, où le Conseil européen va vraisemblablement décider l’ouverture de négociations avec Ankara sur l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, la visite du Premier ministre, Recep Tayyid Erdogan, dans plusieurs capitales européennes, en octobre dernier, a montré l’immense intérêt qu’Ankara porte à sa candidature. Est-ce aussi l’intérêt des vingt-cinq pays de l’Union d’accueillir ce nouveau membre ? Si les dirigeants de l’Europe y sont quasi unanimement favorables (Valéry Giscard d’Estaing étant une exception), les populations, d’après les sondages, y sont assez réticentes ou majoritairement opposées comme c’est le cas en France. C’est pourquoi, en se fondant sur certains livres et articles, il est intéressant de rechercher quels sont les avantages pour les Européens d’accueillir ce nouveau membre, mais aussi quels peuvent être les inconvénients et les problèmes suscités par cette adhésion, et surtout, pour mieux comprendre ce dernier point, quelle est la nature du régime turc ?
Arguments pour l’adhésion
Le premier argument en faveur de l’entrée dans l’Union de la Turquie, c’est qu’Istanbul a été une ville grecque, que saint Paul a prêché sur le territoire de l’actuelle Turquie, que c’est un pays laïc depuis les réformes imposées par Mustafa Kemal (surnommé Atatürk), élu président en octobre 1923 : la loi islamique a été remplacée par une législation civile et pénale à l’européenne, l’alphabet latin et le calendrier grégorien ont été adoptés ; la polygamie a été abolie, les femmes ont obtenu le droit de vote en 1934 (une dizaine d’années avant les Françaises) ; et quand l’éventuelle adhésion suscite des remarques défavorables (c’est un pays majoritairement musulman et dont le territoire est majoritairement asiatique) (1), certains répondent aussitôt que l’Europe ne doit pas être « un club judéo-chrétien », et surtout qu’elle ne doit pas être « raciste » (2).
La deuxième raison d’accepter la Turquie, c’est qu’elle est membre de l’Otan, que les États-Unis sont très favorables à son entrée dans l’Union et qu’ils ne cessent de faire pression dans ce sens, car la Turquie a considérablement développé ses forces militaires (3) ; de plus elle occupe une position stratégique majeure, permettant, par la mer Noire, l’accès à la Russie, et surtout à deux importants pays du Moyen-Orient avec lesquels elle a des frontières, l’Irak et l’Iran (4).
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