Après avoir repris la genèse de l’intelligence économique, l'auteur regrette l’ambiguïté du terme et du concept, introduisant la confusion, dans les esprits comme dans les actions, provoquant l’engouement ou le rejet.
Pour en finir avec l'intelligence économique !
L’intelligence économique (IE) est un très bon sujet de dîners en ville. De « la France est très en retard » à « Nous ne faisons rien face aux États-Unis » en passant par « nos entreprises sont des passoires », le sujet se révèle un inépuisable filon quand la tension des discussions fléchit. L’intelligence économique est aussi un commerce. Depuis quinze ans environ, la « menace » fait vivre. Des cabinets se sont montés, des services se sont créés, des livres fleurissent. Face à cela, tenir un discours objectif est parfois difficile : parlez-en trop et vous serez accusé de favoriser des intérêts financiers ; ne l’évoquez pas et l’on vous soupçonnera de faire le jeu de l’ennemi. Cependant, l’IE médiatique véhicule un lot complexe de confusion et de défauts d’interprétation ; il est donc peut-être temps de faire le point sur une notion aux contours pour le moins flous. Ce petit article a donc pour modeste vocation de « tordre le coup au monstre du Loch Ness » que représentent certaines perceptions de l’IE aujourd’hui (à la fois mythe, monstre, fantasme et commerce) et de revenir aux réalités. Il y a certainement un problème « intelligence économique », mais lequel ?
Une histoire récente en France : heurts et malheurs d’une bonne idée
En 1994, le rapport du Commissariat général du plan réalisé par le groupe de travail présidé par Henri Martre, intitulé « Intelligence économique et stratégie des entreprises » (1), donnait un éclairage public à un sujet jusqu’alors réservé au secret des cabinets.
La question de l’intelligence économique (IE) en France était apparue à la fin des années 90 (2). Parallèlement, le Secrétariat général de la défense nationale (SGDN) et l’Aditech, association alors rattachée au ministère de la Recherche, avait commencé à alerter les pouvoirs publics sur l’émergence d’un nouveau (?) concept et sur l’existence de méthodologie de recherche de l’information technologique et industrielle inspirée des pratiques militaires ou de celles des services secrets.
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