Les armées européennes doivent relever les défis de l’asymétrie pour remporter un combat qui met en jeu à la fois la stabilité des relations internationales et la cohésion de nos sociétés. Elles en possèdent les capacités, au prix d’un effort d’adaptation et de coopération plus étroite avec les acteurs civils de ces crises. Après avoir tenté de définir les différents cas d’asymétrie, cet article présente les tactiques possibles pour un outil militaire conventionnel, fondées sur la dissuasion et l’action, avant d’en tirer des pistes de réflexion pour l’armée française aujourd’hui.
Les défis de l'asymétrie
L’actualité nous rappelle chaque jour l’instabilité du monde : enlèvements et assassinats en Irak, combats acharnés à Faludja, attentat à la voiture piégée à Djakarta, embuscades régulières en Afghanistan, prise d’otages de Beslan en Russie. Ces actions meurtrières se déroulent loin de nos frontières. Pourtant, nous les ressentons en France comme si elles nous touchaient directement. Nous prenons en effet conscience que le monde bascule dans une nouvelle ère, plus dangereuse et incertaine.
Les armées occidentales sont en première ligne dans la réflexion et l’action face à ces menaces. Il est admis de les regrouper sous le terme d’asymétrie, bien qu’il serait plus cohérent de parler de systèmes asymétriques, vu leur diversité et leur complexité. L’asymétrie, c’est la confrontation d’un État ou d’une force armée avec des groupes civils ou paramilitaires, plus ou moins organisés, qui ne respectent pas les lois et utilisent principalement des modes d’action de guérilla ou de terrorisme. « La guérilla gagne si elle ne perd pas, une armée conventionnelle perd si elle ne gagne pas » (1).
Les armées européennes doivent aujourd’hui relever les défis de l’asymétrie pour remporter le combat contre cette menace qui pèse à la fois sur la stabilité des relations internationales et sur la cohésion de nos sociétés. Elles en possèdent les capacités, au prix d’un effort d’adaptation et d’action en coopération plus étroite avec les acteurs civils de ces crises. Après avoir tenté de définir les différentes catégories d’asymétrie, nous verrons quelles sont les tactiques possibles pour un outil militaire conventionnel, avant d’en tirer quelques pistes de réflexion pour l’armée française aujourd’hui.
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