La création des groupements tactiques, l’installation d’un centre d’opérations auprès de l’état-major de l'Union européenne (EMUE), la première réunion formelle des ministres de la Défense sont des jalons marquant la pérennité de la volonté politique de mettre sur pied un dispositif militaire efficace et conforme aux besoins de l’Union. Les présidences successives mettent l’accent sur ce qui convient le mieux à leur opinion publique. On peut attendre des débats sur la ratification de la Constitution dans les différents pays membres qu’ils contribuent à lever les ambiguïtés et à préciser les positions nationales.
Les aspects militaires de la PESD pendant l'année 2004
Dans le cadre du travail intergouvernemental de l’UE, l’impulsion politique est, en principe, donnée par les présidences tournantes. Leur rôle est complété et soutenu par le travail du Secrétariat général qui assure la continuité de la mise en œuvre des projets et l’équilibre de l’ensemble des activités. Le Comité militaire de l’Union européenne (CMUE) influence les résultats d’une présidence dans le domaine de la PESD essentiellement par les recommandations qu’il donne au Comité politique et de sécurité. Il poursuit les travaux qui découlent des projets définis par les présidences précédentes ainsi que par les opérations en cours et à venir. Les travaux du CMUE ne reflètent donc pas d’une manière instantanée les impulsions politiques données par les présidences successives.
Les activités de l’état-major de l’Union européenne (EMUE) sont au cœur de la mise en œuvre des projets militaires, tout particulièrement des opérations et des concepts. L’impact des projets politiques envisagés par les présidences est d’une certaine manière amorti par le Comité militaire et, pour ce qui le concerne, par le Secrétariat général. Les éléments déterminants pour 2004 étaient contenus dans le mandat donné par la présidence italienne en décembre 2003 à l’Irlande, le programme pour l’année 2004 et le programme pluriannuel. L’accent était mis sur les aspects militaires. Par conséquent, le développement des capacités civiles et les opérations à caractère civil ne seront abordés ici qu’en complément de la dimension militaire. Cela ne met nullement en cause le rôle croissant que jouent les capacités civiles dans la gestion des crises. Le renforcement de ces capacités au sein de l’EMUE montre d’ailleurs son importance et celle du lien civilo-militaire.
Stratégie de sécurité et programme du Conseil pour 2004 : ces deux documents fournissent le cadre général dans lequel s’est inscrit l’ensemble des activités des deux présidences. L’indication la plus concise sur les objectifs de la PESD se trouve dans la stratégie en matière de sécurité. En deux phrases, la ligne générale est donnée : cohérence des activités et développement des capacités. Ces éléments déterminants sont développés davantage dans le programme du Conseil pour les présidences irlandaise et néerlandaise. Il exprime la vision d’une Union plus opérationnelle et mieux adaptée à la gestion des crises. Les opérations sont au cœur de cet objectif. Objectif global, mécanisme de développement des capacités et plan d’action européen sur les capacités (PAEC-Ecap) sont évoqués comme instruments essentiels pour doter l’Union d’un outil de gestion de crise souple et efficace.
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