La Conférence d’examen du TNP, qui s’ouvrira le 2 mai prochain, sera empoisonnée par la réprobation unanime contre les cinq États dotés d’armes, qui pérennisent leurs arsenaux, alors qu’ils se sont engagés à les éliminer. Le soutien à la politique de non-prolifération s’effrite, et les possibilités d’activités clandestines s’accroissent. Au lieu d’exprimer une vaste réprobation de la politique nord-coréenne et iranienne, les participants risquent de donner l’image d’un monde divisé, désabusé, impuissant et désemparé. Il n’est pas exclu que dans dix ou quinze ans, une vingtaine d’États possèdent leurs armes.
Combien d'arsenaux nucléaires dans le monde en 2015 ?
Les délégués des 189 (1) pays signataires du Traité de non-prolifération (TNP), qui vont se réunir au mois de mai prochain comme ils le font tous les cinq ans, devraient avoir pour tâche de combler les lacunes du système, apparentes depuis quelques années.
Les problèmes ne sont pas tous du ressort des diplomates. L’Irak, dans les années 80, puis la Corée du Nord, et tout récemment la Libye (2), ont tenté de construire des installations clandestines, en exploitant les limites imposées à l’action des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). De nouveaux instruments juridiques ont été adoptés qui permettent de résoudre en partie ce problème (3). Dernièrement les inspecteurs ont ainsi pu établir que Taiwan à la fin des années 70, la Corée du Sud au début des années 80, puis au début du XXIe siècle, ont également commis des irrégularités de moindre importance. La Conférence pourrait être une occasion d’inciter les pays qui ne l’ont pas encore fait à accepter ces nouvelles dispositions (4). Cependant, le renforcement des contrôles dépend aussi de l’amélioration des méthodes utilisées par les services de renseignement, ou d’éventuelles découvertes techniques, deux éléments qui ne sont pas du ressort d’une conférence diplomatique. L’essentiel des discussions (5) devrait donc être consacré à éviter qu’une autre voie d’eau, dont l’Iran est en train de montrer le danger, puisse être à l’avenir exploitée par d’autres pays.
Usages civils et applications militaires de l’atome
Le Traité de non-prolifération affirme (article IV) que tous les signataires ont le « droit inaliénable » de développer les applications de l’énergie nucléaire, à la condition que ce soit uniquement pour des usages pacifiques et sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Sans cette clause, le Traité aurait été perçu comme un moyen de perpétuer le monopole de quelques pays sur les techniques nucléaires civiles, et il n’aurait jamais pu être conclu. Aucun État, même parmi ceux qui ne sont soupçonnés d’aucune arrière-pensée militaire, comme l’Allemagne, la Suisse, ou les Pays-Bas, n’est prêt à y renoncer.
Il reste 92 % de l'article à lire
Plan de l'article







