Le renforcement des capacités locales pour l’établissement d’un état de droit en Bosnie-Herzégovine a démarré concrètement avec les Accords de Dayton (1995). Dix ans après, la Bosnie-Herzégovine entre à nouveau dans une phase-clé de son évolution après avoir connu des changements importants en 2002. La compréhension des événements de ces dix dernières années doit éclairer la réflexion sur les dispositifs d’aide internationale et européenne à mettre en place afin de permettre à la Bosnie-Herzégovine de poursuivre le processus de recouvrement d’une pleine souveraineté, condition essentielle à son admission à l’entrée dans l’Union européenne.
Établir l'état de droit en Bosnie-Herzégovine
Pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui en Bosnie-Herzégovine, il est nécessaire d’entreprendre un bref retour en arrière. Les années 1991-1992 ont marqué la montée des nationalismes fomentée par les présidents des républiques de l’État de Yougoslavie, et notamment Slobodan Milosevic, président de la Serbie, Franjo Tudjman, président de la Croatie et Alija Izetbegovic, président de la Bosnie-Herzégovine. Les premiers affrontements ont eu lieu dans les régions à majorité serbe de Croatie et de Bosnie-Herzégovine.
Ils mettaient face à face les insurgés et les seules forces sous contrôle des Républiques, c’est-à-dire les forces de police. Leurs effectifs atteignaient le nombre de 44 000 en Bosnie-Herzégovine à la fin du conflit, alors que le ratio nombre de policiers rapporté à la population, communément observé partout ailleurs, aurait conduit à ce qu’ils soient quatre fois moins nombreux.
L’engagement des forces de police tout au long de ce conflit permet de mieux comprendre ce qu’a été l’action de la communauté internationale dans la période post-conflit. N’oublions pas que de nombreux policiers ont été transportés dans des bus pour participer à l’opération d’épuration ethnique à Srebrenica.
Il reste 93 % de l'article à lire
Plan de l'article







