La guerre électronique offensive dans la puissance aérienne moderne
L’opération Tempête du désert en 1991 a projeté la guerre électronique sur le devant de la scène et, depuis, ses côtés modernes (« électronique ») et politiquement corrects (ne la cite-t-on pas comme une arme non létale ?) fascinent et intriguent. Elle n’en reste pas moins mal connue.
Elle peut être définie comme l’ensemble des mesures visant à exploiter à son profit le spectre électromagnétique ; elles comprennent l’interception et l’identification des émissions, l’emploi de l’énergie électromagnétique pour réduire, voire empêcher l’utilisation par l’adversaire du spectre électromagnétique, ainsi que toutes les dispositions qui en permettent l’emploi par les forces amies. En fait, la guerre électronique regroupe toutes les actions ayant pour but d’exploiter le spectre électromagnétique à notre avantage, tout en en perturbant l’usage que voudrait en faire l’adversaire. Notons au passage que la définition officielle de la guerre électronique est encore aujourd’hui classifiée !
La guerre électronique offensive va alors être définie comme l’ensemble des mesures visant, par l’emploi a priori de l’énergie électromagnétique, à réduire ou empêcher l’utilisation du spectre électromagnétique par l’adversaire. On est alors nettement dans un domaine très particulier de la guerre électronique. Si celle-ci comprend des activités continues et normales (couramment admises par tous les pays) dès le temps de paix, en particulier pour ses activités de renseignement (écoutes), voire d’autoprotection des plates-formes, l’emploi de la guerre électronique offensive constitue bien un acte agressif caractérisé… Un brouillage offensif est une agression généralement évidente, mais aussi réversible et non létale (dès que l’action de brouillage est arrêtée, le retour à l’état antérieur est immédiat) ; on peut cependant signaler que des effets collatéraux peuvent être créés indirectement, par exemple sur la circulation aérienne civile, si celle-ci existe encore. Cependant, un tel emploi est complexe dès lors que ce brouillage ne doit pas rendre inopérantes également les forces amies. En particulier, au sein d’une coalition, il nécessite une stricte coordination, et les problèmes technico-opérationnels qu’il pose seraient largement facilités par des coopérations préalables à l’engagement.
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