Après l'échec de l'Eldo (European Launcher Developpement Organisation) en 1970, l'Europe a su acquérir avec le premier lancement d'Ariane en décembre 1979 une autonomie dans l'accès à l'espace qui devait beaucoup aux acquis français issus de la dissuasion. Ces acquis, dûment développés, donnent à notre pays le monopole, en Europe, du savoir-faire balistique.
Composante océanique : quelques réflexions à propos du renouvellement du missile
Il y a un an, le 13 juin 2003 — toute dernière étape du processus de réorganisation des actifs spatiaux des sociétés Aérospatiale, Matra, Dasa et Casa — EADS Launch Vehicles et Astrium Space Infrastructure ont uni leurs forces pour former EADS Space Transportation, filiale à 100 % d’EADS Space, elle-même filiale à 100 % du groupe EADS (European Aeronautic Defence and Space Company). Les équipes pluridisciplinaires ainsi rassemblées, bénéficiant de plus de quarante ans d’expérience dans le développement et la réalisation de systèmes spatiaux, se sont réparties sur plusieurs sites en France et en Allemagne non sans se resserrer, comme il en est toujours en ces occasions.
Ces équipes font aujourd’hui d’EADS Space Transportation le spécialiste européen du transport spatial et des systèmes orbitaux. Elles ont conçu les lanceurs de la famille Ariane, le laboratoire Columbus (il va rejoindre prochainement la station spatiale), le cargo Jules Verne (le premier d’une série de cargos, il viendra bientôt ravitailler cette station) et, bien sûr, les missiles balistiques de la force française de dissuasion.
Maître d’œuvre industriel des systèmes balistiques, EADS Space Transportation a développé et produit le missile M4, actuellement en service. La société en assure — dans le cadre maintenant d’une convention particulière « Spécial France » passée avec l’État et que rendait nécessaire sa structure binationale — la mise en œuvre et le maintien en condition opérationnelle. Elle assiste aussi la Marine nationale lors des tirs d’essai et a contribué au récent succès du lancement effectué par le SNLE Le Vigilant lors des essais préalables à son admission au service actif.
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