Les crises de l'après-guerre froide ont démontré plus que jamais que l'instrument militaire employé isolément est tout à fait insuffisant pour les résoudre. C'est pourquoi, profitant de la volonté des États membres, de l'étendue de ses compétences et de ses capacités, l'Union européenne a décidé, à partir de 1999, de se doter d'instruments civils propres à lui assurer une approche beaucoup plus globale. Après cinq ans de développement, les instruments civils ont atteint une certaine maturité qui a notamment permis le déploiement de deux opérations de police et d'une opération d'état de droit.
La gestion civile des crises par l'Union européenne
Les crises récentes ont démontré plus que jamais que l’instrument militaire employé isolément, s’il pouvait encore les stabiliser, n’était plus capable, à lui tout seul, de les résoudre. Jusqu’à présent, la communauté internationale avait essayé de pallier cette carence en constituant de manière ad hoc les instruments civils qu’elle espérait être adéquats, l’OHR en Bosnie, la Minuk au Kosovo par exemple (1). Les délais importants nécessaires à leur mise sur pied et le manque d’homogénéité de leur action due à la diversité de leurs origines les ont empêchés de lutter au plus tôt contre la détérioration de la situation locale. C’est ce qui explique, en particulier, la difficulté de dépasser la gestion militaire de la crise dans les Balkans et le maintien d’effectifs importants sur le terrain.
En tirant des leçons de ces événements, l’Union européenne a donc décidé de se doter à partir de 1999 d’une politique globale de gestion de crise, la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD), articulée autour d’un instrument militaire et de quatre instruments civils permanents, la police, l’état de droit, la protection civile et d’administration civile.
Ces instruments civils constituent en fait toute l’originalité de la PESD par rapport à ce que la Communauté internationale a développé jusqu’à présent que ce soit au sein des Nations unies, de l’Otan, de l’OSCE ou d’autres organisations internationales. Dans un premier temps et à partir d’une base identique, ils se sont développés de manière très différenciée avec cependant un souci constant de cohérence. Dans un deuxième temps, la déclaration de Laeken qui a proclamé leur « opérationnalité » les a mis face au défi de l’action. Pour l’instant, la police et l’état de droit ont relevé le gant.
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