Économique - Les prix - Les échanges extérieurs
Comme tous les ans à pareille époque, le mois de septembre voit réapparaître les discussions sur le problème des prix. Elles revêtent cette année une acuité particulière en raison de la politique de baisse, strictement maintenue par le gouvernement, et de la menace d’application de l’échelle mobile, qui jouerait, rappelons-le, automatiquement, dès que l’indice des prix à la consommation familiale atteindrait 149. On sait au surplus que, dès la fin du mois de juillet, la CGT a annoncé qu’elle lancerait en septembre une grande campagne pour l’augmentation des salaires, traitements, pensions et retraites.
Il semble que certains milieux se hâtent par trop de proclamer l’échec de l’expérience Pinay. Si les mouvements des prix au cours de l’été ne sont pas aussi satisfaisants qu’on aurait pu l’espérer, il est tout à fait prématuré de parler d’un renversement de tendance. L’indice des prix de gros a marqué à fin juillet une hausse légère, passant de 143 à 144,1. Mais il reste encore inférieur à son niveau d’octobre 1951 (145,5). La hausse enregistrée est due exclusivement aux produits alimentaires (œufs et produits laitiers, corps gras), tandis que les autres postes de l’indice sont stables ou accusent des baisses légères. Quant aux prix à la consommation familiale à Paris, ils ont marqué un redressement en août, à 144,8 contre 142,8 en juillet et 143,1 en juin. Une controverse s’est d’ailleurs élevée, à propos de cet indice, entre le gouvernement et l’Institut national de Statistique. Le gouvernement ayant baissé la teneur du lait en matières grasses en raison des difficultés d’approvisionnement dues à la fièvre aphteuse et à la sécheresse, l’Institut a tenu compte, dans ses calculs, de la baisse de la valeur nutritive du lait. Il en résulte un indice de 144,8, alors que sans cette réfaction l’indice se fût seulement inscrit à 143,8. Il semble que le chiffre de 144,8, retenu en définitive, soit le seul correct, un indice devant toujours tenir compte de l’évolution des prix pour des produits identiques. Quoi qu’il en soit, la hausse ainsi enregistrée (1,4 %) est trop faible pour être déjà préoccupante.
La volonté gouvernementale de stabiliser les prix et même d’obtenir une accentuation de la baisse reste d’ailleurs entière. Le gouvernement a réussi à franchir sans dommages l’obstacle annuel de la fixation du prix du blé, qui commande pratiquement toute l’échelle des prix agricoles. Le prix du blé a été maintenu, comme l’an passé, à 3 600 francs le quintal. Malgré la hausse des frais de culture (27 % d’après le Comité national des prix), l’amélioration du rendement à l’hectare (19 quintaux au lieu de 16,25) permettait de calculer un prix de revient (très approximatif évidemment) de 3 750 F.
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