Le secrétaire d'État Marco Rubio prononce un discours lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 14 février 2026 (© Département d'État par Freddie Everett)
Entre l’échec américain en Iran (la répression est restée impunie), la guerre d’usure en Ukraine (qui entre dans sa 5e année) et les menaces transatlantiques, l’Alliance atlantique se fissure. Paris, longtemps isolé dans son plaidoyer pour l’autonomie stratégique, voit enfin l’Union européenne réagir — mais trop timidement et les vieux réflexes persistent. Pendant ce temps, Téhéran et Moscou jouent. Et gagnent.
Editorial —Poker failure
Between the American failure in Iran (the repression has gone unpunished), the war of attrition in Ukraine (now entering its fifth year), and transatlantic threats, the Atlantic Alliance is fracturing. Paris, long isolated in its advocacy for strategic autonomy, is finally seeing the European Union react—but too timidly, and old habits die hard. Meanwhile, Tehran and Moscow are playing their cards. And win.
Entre le Vénézuéla, la tentative de coup de force contre le Groenland et, de ce fait, l’Europe, le théâtre iranien a été l’occasion d’une répression effroyable par un régime corrompu et affaibli contre un peuple aspirant à juste un peu plus de liberté. Une fois de plus, malgré les rodomontades de Donald Trump, Téhéran est arrivé à passer outre et a gagné un nouveau délai pour se maintenir au pouvoir ; et ce, comme depuis des décennies.
Parallèlement, dans la quasi indifférence, Moscou poursuit sa politique de destruction systématique des infrastructures énergétiques ukrainiennes, pensant faire craquer la population et ainsi obliger à une capitulation. Tout en abreuvant les réseaux sociaux en Europe d’une propagande éhontée pour faire croire à l’effondrement imminent des armées ukrainiennes en prétendant que la poursuite de la guerre est due aux Européens qui refuseraient la main tendue par Moscou.
La semaine dernière, la conférence de Munich sur la sécurité a vu le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, essayer de se « rabibocher » avec les Européens, après le discours agressif de J. D. Vance, le vice-président américain l’an dernier. Au final, en un an, le lien de confiance – clé de l’Alliance atlantique – a été rompu par l’administration Trump, adepte du rapport de force, des coups de bluff et d’intimidation envers les faibles, tout en restant prudent face aux forts que sont Xi Jinping et Vladimir Poutine, notamment. Une année débridée et incohérente où l’hubris côtoie la mégalomanie, le kitsch et l’arrogance. Un début 2026, où les fronts se sont multipliés pour répondre à une approche idéologique remettant en cause des années de pratiques diplomatiques et de volontés de construire des espaces de prospérité loin des bruits des canons ; comme le projet européen, rattrapé depuis quatre ans par la volonté impérialiste du Kremlin. Ce conflit que Donald Trump prétendait régler en 24 heures va entrer dans sa cinquième année, sans que la détermination du Kremlin n’ait été ébranlée par l’échec de son « opération spéciale militaire » qui ne devait durer que quelques semaines…
Il reste 43 % de l'article à lire