Les alliés et partenaires de l'OTAN dispensent une formation militaire aux civils ukrainiens. (© Otan / Flickr)
Depuis le début de la guerre russo-ukrainienne en 2014, la fondation « Come back alive » conduit un travail systématique de soutien les forces de défense ukrainiennes. Au cours de cette période, cette organisation non gouvernementale s'est forgé une réputation de professionnalisme, d’indépendance et d’expertise approfondie dans le domaine de la défense. En 2024, le ministère de la Défense d’Ukraine s’est adressé à eux en demandant de conduire une étude sur la formation militaire de base en Ukraine. L'équipe analytique du Centre d'initiatives « Come back alive » a réalisé cette étude en examinant le processus de formation à travers le prisme de l’expérience de toutes les parties concernées : brigades combattantes, instructeurs et sergents des centres de formation, militaires ayant une expérience du combat, experts dans le domaine de l’éducation et de la formation, ainsi que les militaires formés eux-mêmes. La RDN publie ici une traduction française des conclusions de cette étude.
What do Ukrainian soldiers say about the training they received in NATO countries?
Since the start of the Russo-Ukrainian War in 2014, the "Come Back Alive" Foundation has been systematically supporting the Ukrainian Defense Forces. During this time, the non-governmental organization has built a reputation for professionalism, independence, and in-depth expertise in the field of defense. In 2024, the Ministry of Defense of Ukraine approached them, requesting a study on basic military training in Ukraine. The analytical team at the "Come Back Alive" Initiatives Center carried out this study by examining the training process through the lens of the experience of all stakeholders: combat brigades, instructors and sergeants at training centers, soldiers with combat experience, experts in education and training, and the soldiers themselves. RDN is publishing here a French translation of the study's findings.
Note préliminaire : Le texte est originellement publié sur le site du think tank Come Back Alive Initiative : (cbacenter.ngo/). Cet article a été rédigé en juin 2025 et les questions qui y sont abordées ont d'abord été partagées avec les autorités militaires concernées. Nous pouvons désormais le publier afin de partager notre analyse avec un public plus large. Cet article a été traduit de l’anglais par Anna Colin Lebedev.
Dans la troisième année de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, la société ukrainienne a commencé à recalibrer sa stratégie pour ce qui était manifestement en train de devenir une guerre d’usure. Les reportages, les commentaires des soldats et des responsables de l’armée ont souligné, parmi les points faibles à améliorer, la formation militaire de base effectuée sur place, en Ukraine. Les civils appelés sous les drapeaux recevaient souvent une formation insuffisante dans un environnement qui ne les motivait pas à servir. Notre think tank, le Come Back Alive Initiatives Center, a répondu à la commande du ministère ukrainien de la Défense, destinée à réaliser une étude sur les problèmes de formation militaire de base et à suggérer des solutions.
Ce qui avait commencé comme une tentative d’évaluation des lacunes de l’Ukraine en matière de formation s’est transformé en une analyse comparative stimulante après que plusieurs répondants ont été envoyés de manière inattendue suivre une formation à l’étranger. À l’aide de l’ethnographie mobile, nous avons suivi les réflexions quotidiennes des nouvelles recrues en Ukraine et à l’étranger, en collectant et en comparant leurs réflexions et leurs expériences en temps réel via des dialogues de personne à personne sur une application de messagerie sécurisée, sous forme de messages texte et vocaux, ce qui nous a permis de proposer une analyse plus fine de la situation. Par exemple, lorsque l’un des enquêtés a enregistré son message audio d’une voix rauque – détail qu’il jugeait sans importance – cela nous a permis de nous interroger sur la situation sanitaire des recrues et d’en tirer toute une série d’enseignements. Dans l’ensemble, cette méthode nous a aidés à développer des hypothèses inattendues et à approfondir nos recherches sur ce que les pays alliés faisaient « correctement » et « moins correctement » en formant leurs soldats en vue de la guerre en cours.
Il reste 88 % de l'article à lire