The Strait of Hormuz connects the Gulf of Oman with the Persian Gulf par NASA Johnson CC BY-NC-ND 2.0
Après l’échec des pourparlers d’Islamabad, l’Iran résiste et mise sur l’usure face à Donald Trump, pressé par les élections de mi-mandat en novembre prochain. Benjamin Netanyahou pousse à « finir le travail », mais les États-Unis, divisés, cherchent une issue. Les risques sont l'escalade économique et l'effondrement du Liban, tandis que, pendant ce temps, la Chine peut poursuivre une certaine montée en puissance.
Middle East Chronicles —Iran–Israel–USA conflict: are we heading towards a war of attrition?
After the failure of the Islamabad talks, Iran is resisting and counting on attrition against Donald Trump, who is under pressure from the midterm elections next November. Benjamin Netanyahu is pushing to "finish the job," but the divided United States is searching for a way out. The risks are economic escalation and the collapse of Lebanon, while, in the meantime, China can continue its rise to power.
L’échec de la rencontre américano-iranienne à Islamabad (Pakistan) est une déception, mais pas une surprise, étant donné l’écart entre les positions des protagonistes sur tous les points, même si le niveau de représentativité des délégations montre que les pourparlers sont pris au sérieux des deux côtés. En outre, le président Trump et le régime iranien sont prisonniers de leur propre rhétorique sur une prétendue « victoire totale » qui, pourtant, ne correspond pas à la réalité. L’Iran est en ruine, mais le régime est résilient et déterminé à conserver le pouvoir. De plus, en bloquant le détroit d’Ormuz, il a acquis une arme de déstabilisation massive de l’économie mondiale. Il pratique donc une guerre d’usure asymétrique tablant sur le fait que Donald Trump doive sortir de cette crise, au risque de perdre les prochaines élections de mi-mandat.
Du côté des Américains et des Israéliens, l’efficacité de leurs forces armées et de leurs services de renseignement est, une nouvelle fois, démontrée. Cependant, l’usage de la force sans troupes au sol permet de gagner des batailles, mais pas la guerre. En effet, aucun des buts de guerre israélo-américains n’a été atteint : ni la chute du régime, ni l’élimination du programme nucléaire iranien (simplement stoppé), ni l’anéantissement des capacités balistiques iraniennes (néanmoins largement réduites), ni l’arrêt des actions déstabilisatrices des milices pro-iraniennes (certes affaiblies, mais toujours actives, avec le risque d’un blocage par les Houthis du détroit de Bab-el-Mandeb en mer Rouge, ce qui aggraverait la crise énergétique).
En réaction à l’échec des pourparlers d’Islamabad, le président des États-Unis a décrété un contrôle américain du détroit d’Ormuz. L’objectif est d’empêcher toute exportation de pétrole iranien et de faire pression sur la Chine et l’Inde – principaux acheteurs de ce pétrole – pour qu’ils obtiennent de Téhéran le rétablissement de la libre circulation dans le détroit d’Ormuz. Ce nouveau développement pose néanmoins une question : l’Iran conserve toujours la capacité de frapper les navires commerciaux de pays « inamicaux », ce qui ne convaincra pas les assureurs de couvrir ce risque. Dans ce cas, les Américains pourraient tenter une opération militaire pour annihiler les capacités de frappe iraniennes dans le Golfe et on ne sait pas où mènerait l’escalade. Nous entrons donc dans une guerre de nerfs, même si le cessez-le-feu (jusqu’au 22 avril) n’est apparemment pas remis en cause, et si des pourparlers sont en cours.
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