Le président Donald Trump arrive au château de Versailles, le mercredi 17 juin 2026, pour un dîner bilatéral avec le président français Emmanuel Macron (© Photo officielle de la Maison Blanche par Daniel Torok / Flickr)
Dans sa nouvelle chronique du Moyen-Orient, l'ambassadeur Bertrand Besancenot fait le point sur les enjeux principaux que posent les signatures des différents accords sur la situation en Iran et au Liban ces derniers jours. La diplomatie de Versailles ouvre-t-elle vraiment la porte à une paix durable, ou doit-on s'attendre, sur les différents fronts, à une reprise des hostilités dans un chaos géopolitique généralisé ?
Middle East Chronicles —Versailles diplomacy and the signing of agreements: peace, at last?
In his latest Middle East Chronicle, Ambassador Bertrand Besancenot assesses the key implications of the various agreements recently signed for the situation in Iran and Lebanon. Is "Versailles diplomacy" truly paving the way for lasting peace, or should we expect a resumption of hostilities across various fronts amidst widespread geopolitical chaos?
L’accord signé à Versailles le 17 juin entre les États-Unis et l’Iran a été accueilli partout dans le monde – sauf en Israël et par certains à Washington – avec soulagement, car il met fin, en principe, aux hostilités et lève le blocus du détroit d’Ormuz, cause d’une crise énergétique mondiale préoccupante.
Il est clair, néanmoins, qu’à ce stade aucun des objectifs israélo-américains à l’origine du conflit n’est réglé : élimination du programme nucléaire iranien, destruction de l’arsenal de missiles balistiques de Téhéran, démantèlement du réseau régional de mandataires de l’Iran (en particulier le Hezbollah au Liban) et renversement du régime islamique. L’accord signé est, en fait, un simple mémorandum, qui évite pour le moment un nouvel embrasement régional et qui établit un programme de négociation de soixante jours extensibles sur les points en litige, y compris les modalités de circulation dans le détroit d’Ormuz, le dégel des avoirs financiers iraniens à l’extérieur et la compensation éventuelle des dommages de guerre.
Naturellement, Donald Trump présente aux Américains son accord comme une victoire éclatante : baisse prochaine des prix du pétrole, affaiblissement des capacités de nuisance de l’Iran etc. L’Iran, malgré l’importance des destructions sur son sol, fait de même en proclamant sa victoire sur le « Grand Satan » (les États-Unis) et le « Petit Satan » (Israël), du fait de l’inclusion du Liban dans le cessez-le-feu, de la fin du blocus américain sur les ports iraniens, du déblocage de milliards de dollars d’avoirs iraniens, de la levée des sanctions américaines (notamment sur le pétrole) et de son contrôle du détroit d’Ormuz…
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