L’auteur analyse les limites structurelles de la stratégie d’acquisition Dual-Use japonaise dans le domaine des drones tactiques et identifie l’opportunité asymétrique qui en découle pour la Base industrielle et technologique de défense (BITD) française.
The Japanese Drone "Valley of Death": The Illusion of "Dual-Use" facing High-Intensity Conflict
The author analyzes the structural limitations of Japan’s dual-use acquisition strategy in the field of tactical drones and identifies the resulting asymmetric opportunity for the French defense industrial and technological base.
Le Japon dispose de l’un des écosystèmes robotiques les plus avancés au monde. Sony, Fanuc, Kawasaki, ses industriels maîtrisent la miniaturisation, l’optique de précision et l’automatisation à un niveau que peu de nations peuvent revendiquer. Pourtant, ses forces d’autodéfense manquent cruellement de drones tactiques opérationnels. Ce paradoxe n’a rien d’un accident industriel, c’est le résultat d’un pari doctrinal dont les limites commencent à poindre.
Acculé par la dégradation rapide de son environnement proche – tensions récurrentes autour des îles Senkaku ; montée en puissance de la marine chinoise ; prolifération balistique nord-coréenne – Tokyo a engagé depuis 2022 une refonte historique de sa posture de défense (1). Avec un budget initial de 8 809 milliards de yens pour l’année fiscale 2026 (soit 47 milliards d’euros), en trajectoire directe vers l’objectif des 2 % d’ici 2027, la capitale japonaise cherche à combler son retard capacitaire béant, héritage direct de sa posture pacifiste d’après-guerre, dans le domaine des drones tactiques (2).
Afin d’avancer à marche forcée, le ministère de la Défense (MoD) japonais a fait un pari industriel séduisant sur le papier : le Dual-Use. L’idée est de s’appuyer sur l’excellence de son écosystème technologique civil pour équiper ses forces d’autodéfense (JSDF).
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