Arrivée des premiers blindés Jaguar R3 dans l’Armée de terre
EBRC Jaguar (© Armée de terre)
Depuis fin 2021-début 2022, l’Armée de terre est progressivement dotée des Engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC) Jaguar. Destinés aux missions de reconnaissance et de combat, ils remplacent les chars légers AMX-10RC et ERC-90 Sagaie. Le 50e exemplaire a été perçu au bout de 18 mois. Courant 2024, le standard R2 a été livré avec un logiciel de conduite de tir amélioré autorisant le tir en mouvement sur cible mobile. Ce mois-ci, les 21 premiers véhicules au dernier standard R3 ont été livrés. La principale évolution est l’intégration des Missiles moyenne portée (MMP ou Akeron MP), ce qui lui permet de succéder aux Véhicules de l’avant blindé équipés des missiles Hauts subsoniques optiquement tirés d’un tube (VAB-HOT). Les Jaguar déjà livrés seront rétrofités au standard R3 d’ici fin 2027.
Presque aussi haut (2,8 m) que large (2,99 m), et d’une longueur hors-tout de 7,8 m, le Jaguar pèse 25 tonnes. Soit quelques tonnes de moins que le Véhicule blindé de combat de l’infanterie (VBCI), mais un peu plus que Véhicule blindé multi-rôles (VBMR) Griffon et l’AMX-10RC rénové (engin de reconnaissance blindé à roues armé d’un canon de 105 mm) ; le VBMR-léger Serval ne faisant « que » 17 t. Il est présenté par les Armées comme un véhicule blindé « mobile [six roues motrices et train arrière directeur], discret, agile, bien protégé, bien armé et [qui] permet de voir loin de jour comme de nuit ». « Très polyvalent », il a « pour vocation de prendre part aux combats dans les environnements les plus complexes tels que les zones urbaines ou montagneuses. Sa mission est d’aller au plus près de la zone de contact pour acquérir du renseignement sans se faire repérer. »
Il est armé d’un tourelleau téléopéré équipé d’une mitrailleuse de 7,62 mm (auto-défense à courte portée) et d’un canon à tir rapide de 40 mm à munitions télescopées (1) (portée jusqu’à 4 000 m). Le blindé embarque des munitions flèches, explosives, explosives programmables (Airburst) ou d’entraînement. Deux missiles sont prêts à l’emploi, et 2 autres sont stockés à l’arrière. Dans le cadre du programme Scorpion, « le Jaguar est au cœur du combat collaboratif. Infovalorisé, il est en effet équipé du Système d'information du combat de Scorpion (SICS), lui permettant d’échanger en temps réel des informations sur la situation tactique du théâtre. »
L’accent a été mis aussi sur le confort (climatisé et spacieux) et la protection de l’équipage (1 tireur, 1 pilote et 1 chef d’engin). Le Jaguar dispose ainsi d’un haut niveau de protection contre les mines et contre les Engins explosifs improvisés (IED), d’où une caisse haute. Il peut optionnellement être équipé de grilles anti-RPG/munition téléopérées. Il est doté également d’un système de localisation de tirs de cinquième génération (Pilar V de Metravib Defence).
Une quarantaine de Jaguar sont produits chaque année par un Groupement momentané d’entreprises (GME) : KNDS France, Arquus (châssis et moteur) et Thales (systèmes informatiques). Ils sont assemblés à Roanne (Loire) par KNDS. L’optronique du véhicule est fourni par Safran ; le canon par le consortium franco-britannique CTA International ; les missiles par MBDA ; les pneumatiques par Michelin ; la suspension (commune au VBMR Griffon) par Qiri.
À terme, près de 300 devraient être en service dans l’Armée de terre. Côté export, la Belgique a passé une commande de 60 Jaguar (dans le cadre du programme Capacité motorisée ou CAMO) et le Luxembourg en aura 38. ♦
(1) Munitions dans laquelle le projectile (balle ou obus) est placé au milieu de la charge propulsive dans sa cartouche pour un encombrement moindre et une forme cylindrique.
Ce canon est aussi utilisé par la Marine nationale sous la forme RapidFire sur les Bâtiments ravitailleurs de force (BRF) et sur les futurs Patrouilleurs hauturiers.
Publié le 22 septembre 2026
La Rédaction





