Avec les événements du golfe Arabo-Persique — et après d'autres crises du même type — nombreux sont ceux qui ont pris conscience (enfin !) de l'importance stratégique des forces navales. Dans les opérations que mènent celles-ci, les satellites tiennent une place de plus en plus grande. L'auteur, lieutenant de vaisseau et sous-marinier, nous livre ses réflexions dans ce domaine.
Espace et maîtrise de l'océan
Gardant les enseignements de la Seconde Guerre mondiale, la marine nationale a su préserver l’équilibre et la complémentarité de ses moyens aériens, sous-marins et de surface. Aujourd’hui, l’essor des satellites d’observation peut suggérer les questions suivantes : doivent-ils être uniquement utilisés comme une source de renseignement stratégique de haut niveau ? Peuvent-ils être intégrés aux forces de haute mer ?
Les opérations navales ont pour but de prendre l’avantage dans un cadre spatio-temporel limité : nul ne saurait prétendre contrôler simultanément les sept dixièmes de la surface du globe que constituent les océans. Or, ce but ne peut être atteint que par la conjugaison de moyens complémentaires évoluant dans quatre milieux formant un tout : les profondeurs sous-marines, la mer, l’air et l’espace. En matière de souveraineté, l’océan constitue en effet un vide juridique aussi bien en profondeur qu’en altitude et en surface. C’est également le cas de l’espace, qui étend par continuité ce volume où toutes les nations peuvent librement faire évoluer leurs forces.
Pour ces raisons, il est facile d’admettre que les satellites d’observation s’intégreront à plus ou moins long terme dans les systèmes de combat. Mais il se trouve que l’essor des télécommunications spatiales tend à accélérer cette évolution. Cet article se propose de présenter des systèmes aujourd’hui réalisables au niveau national.
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