L’arme nucléaire est le résultat de la confrontation entre sciences et stratégie avec pour sa création l’urgence de la situation poussant les États-Unis à construire le programme Manhattan. Cette dimension historique reste importante pour comprendre le développement de la Bombe, symbole du risque suprême, mais aussi de la capacité à dissuader et donc à empêcher la guerre. Arme non tirée à l’exception des deux frappes sur le Japon à l’été 1945, mais arme de fait employée dans la gestion de crises comme Suez, Cuba ou encore la guerre du Kippour. D’où l’intérêt de cet ouvrage apportant des éclairages essentiels pour comprendre les enjeux aujourd’hui autour de la Bombe.
La première étape, qu’il dénomme « le péché originel » est l’apparition de la bombe, une histoire maintes fois contée, mais toujours riche d’enseignement. C’est le 2 août 1939 que débute l’ère atomique lorsque les physiciens Leó Szilárd et Eugene Wigner rédigent la lettre à laquelle se joint Albert Einstein. Adressée au président américain Franklin D. Roosevelt, elle l’avertit que des travaux scientifiques récents permettent d’envisager la réalisation de « bombes d’un nouveau type et extrêmement puissantes » en déclenchant une réaction en chaîne avec de grandes quantités d’uranium. Ses rédacteurs suggèrent que les États-Unis acquièrent des stocks de minerai d’uranium dans le but d’accélérer les travaux de recherche, menés jusque-là par Enrico Fermi, physicien italien ayant fui aux États-Unis. Franklin D. Roosevelt demande alors la constitution d’un comité consultatif pour l’uranium qui confirme qu’il « pourrait être la source possible de bombes avec une puissance de destruction largement supérieure à tout ce que nous connaissons ».




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