L’Iran bloque illégalement le détroit d’Ormuz, violant le droit de la mer (CNUDM) qui consacre le passage en transit dans les détroits internationaux. Oman, lui, respecte ce principe, permettant une navigation sécurisée dans sa zone. Les solutions envisagées par l’auteur sont diverses : retour au statu quo ante (respect du droit), ou modèle turc avec démilitarisation partielle et contrôle international. L’enjeu est de concilier souveraineté iranienne et libre circulation, vitale pour l’économie mondiale.
The Strait of Hormuz, a challenge to international law: towards a new legal status?
Iran is illegally blocking the Strait of Hormuz, violating the Law of the Sea (UNCLOS), which guarantees transit through international straits. Oman, on the other hand, respects this principle, allowing safe navigation in its waters. The author proposes several solutions: a return to the status quo ante (respect for international law), or the Turkish model with partial demilitarization and international control. The challenge is to reconcile Iranian sovereignty with freedom of movement, which is vital for the global economy.
Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, après celui du Bab-el-Mandeb par les rebelles Houthis du Yémen en 2023 (1), remet en cause les piliers sur lesquels repose la globalisation : la liberté de navigation et le commerce maritime. Dans le cas du détroit d’Ormuz cependant, il n’y a pas d’alternative à l’exception de rares oléoducs qui aboutissent sur la mer Rouge ou la mer d’Arabie.
Les détroits exercent un rôle économique essentiel car ils servent de carrefour des voies terrestres et maritimes. Les pays qui les bordent en retirent d’importants bénéfices économiques et n’ont aucun intérêt à les bloquer à moins qu’ils ne se trouvent le dos au mur, menacés dans leur existence ou dans la survie de leurs régimes. L’Iran a fréquemment menacé de fermer le détroit d’Ormuz mais n’a jamais mis ses menaces à exécution car cela impliquerait l’arrêt des exportations de pétrole et de gaz indispensables à son économie. Même pendant la « guerre des tankers » (2) qui opposait l’Irak et l’Iran de 1980 à 1988, le régime de Téhéran n’a pas bloqué le détroit car son existence n’était pas menacée. L’Iran avait alors imposé une zone d’exclusion maritime le long de ses côtes, mais n’avait pas tenté de stopper la navigation dans le détroit et ceci en dépit des combats navals qui l’ont opposé à la marine américaine à proximité du détroit (3).
Il est admis de longue date que la navigation dans les détroits doit être libre et l’Institut de droit international proclamait à Paris, en mars 1893, que « les détroits qui servent de passage d’une mer libre à une autre mer libre ne peuvent jamais être fermés ». Le Danemark qui, en 1429, avait imposé, des droits de passage dans le détroit de l’Oresund qui sépare son territoire de celui de la Suède et permet de relier la mer Baltique à la mer du Nord, a renoncé à cette source de revenus en 1857 (4) et aucun autre pays bordant un détroit n’a depuis songé à imposer un péage ou des taxes pour autoriser un navire étranger à franchir un détroit (5). Il est surprenant et anachronique que certains évoquent aujourd’hui cette éventualité pour le détroit d’Ormuz. Le blocage de ce détroit constitue probablement la principale violation du droit de la mer depuis plusieurs décennies.
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