Moscou et Pékin partagent beaucoup d’intérêts communs avec la volonté de retrouver un rang international face aux États-Unis. Cependant, malgré de nombreuses actions bilatérales, les deux pays s’en tiennent à un partenariat plutôt qu’à une réelle alliance.
Chine et Russie : partenariat ou alliance ? (Octobre 2015)
China and Russia: partnership or alliance?
Moscow and Beijing shares many common interest with the will of finding an international rank facing the United States. Despite the numerous bilateral actions, the two countries practice a partnership rather than a real alliance
Les rapports entre la Russie et la Chine furent tumultueux à des degrés divers jusqu’à ce qu’un apaisement intervienne en 1989, en concomitance avec l’insurrection estudiantine de la place Tian’anmen, sans qu’il y ait d’ailleurs de relation de cause à effet. Mikhaïl Gorbatchev, en tant que secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique s’était rendu spécialement à Pékin afin d’y rencontrer les dirigeants chinois dont le secrétaire général du Parti et président de la Commission militaire centrale, Hu Jintao, son alter ego. Il s’agissait de gommer définitivement les différentes contestations tournant parfois à l’affrontement, opposant les deux États depuis la déstalinisation, datant donc de plus d’une trentaine d’années. Le processus lancé en 1989 fut poursuivi sans relâche avec des hauts et des bas mais sans jamais enregistrer de recul.
Après avoir porté la réflexion sur les rapports entre les deux États afin de mettre en lumière les points de rapprochement comme de discorde, ainsi que leur raison, l’examen portera sur les différences de régime politique puis sur les obstacles à un rapprochement plus fécond, aussi bien dans le temps présent qu’en prospective.
Le tissu contractuel sino-russe
« Pacta sunt servanda, les traités doivent être respectés ». Cette maxime date de Rome, donc de plus de deux millénaires. Ce n’est certes pas pour autant que la maxime soit suivie d’un résultat positif. Cependant, pour le moins, la conclusion d’un traité indique une tendance, à défaut d’une volonté ferme de son observation, voire d’un revirement. En effet, il arrive parfois que les traités, bien que comportant toujours une clause de réajustement et de révision ou encore d’annulation, avec une date précise, ne soient pas observés ou plus simplement violés. Et en tout état de cause, ils sont tous chargés d’une dose de relativité. Ce n’est pas en vain que les Français ont introduit dans leur langue le verbe « maltraiter » qui a pris un sens général, loin de son objet sémantique premier. L’échec de la négociation sur le réchauffement climatique en offre un exemple patent au début du troisième millénaire, jusqu’à l’annonce d’une prochaine négociation, à Paris, avant la fin de l’année 2015. Les traités conclus sur le désarmement nucléaire en offrent un autre exemple tout aussi probant. La menace terroriste ne parvient pas à transcender les clivages politiques entre les États. En 1939, Français et Britanniques étaient liés par l’engagement mutuel de ne pas traiter séparément avec les Allemands. Les Français, unilatéralement, ont conclu un armistice en 1940 et se sont même lancés dans la voie de la collaboration avec l’ennemi. Les contradictions issues des prescriptions internationales contemporaines continuent à en faire foi. L’Europe et les États-Unis ont émis une série d’interdictions d’entrée sur leur territoire de responsables politiques et économiques russes, en rétorsion à leur prise de position négative à leur égard au sujet de l’Ukraine en 2014 et 2015. Et les mêmes s’offusquent de ce que les Russes prennent des mesures similaires à l’encontre de personnalités politiques occidentales. Où est la logique ? De plus, la performance est nettement en défaveur des Occidentaux. Ceux-ci, au 2 juin 2015, ont privé de visas 150 personnalités russes. La rétorsion de Moscou se contente de 89 victimes. Encore une fois, où est la logique ?
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