L’Inde et la Chine entretiennent des relations ambivalentes, chacun cherchant à accroître son influence stratégique tout en évitant de permettre à l’un des deux géants de l’Asie d’être en soutien de force. Un jeu d’équilibre complexe !
Inde-Chine, entre encerclement et contre-encerclement (Octobre 2015)
India-China, between encirclement and counter encirclement
India and China maintain an ambivalent relation that each looks for increasing its strategic influence while avoid letting one of the giants in Asia to be supported by force. A complicated game of equilibrium!
Les frontières entre l’Inde et la Chine avaient été tracées par les Britanniques, et les premières contestations et avancées chinoises avaient immédiatement suivi l’annexion du Tibet (1951). Pékin avait encore étendu son territoire en pénétrant au Ladakh en 1959. Le tout, sans réaction militaire de la part de Delhi. La guerre sino-indienne de 1962 est le seul exemple récent de l’application réussie par la Chine de la stratégie de Sun Zi : démoraliser l’adversaire et le convaincre qu’il sera vaincu, puis n’engager la bataille qu’à coup sûr. Battues d’avance, les troupes indiennes n’ont opposé qu’une résistance symbolique pendant un mois.
Depuis cette époque, les frontières entre la Chine et l’Inde demeurent controversées. En dehors de ces rencontres bilatérales directes sur ce sujet, il existe de réelles avancées sur le plan des échanges. Mais, dans le même temps, les deux pays ont développé et continuent de développer des stratégies d’encerclement et de contre-encerclement qui les conduisent à nouer des liens privilégiés et non dénués d’arrière-pensées avec les voisins de « l’autre ».
Stratégie chinoise
Pékin a d’abord choisi de nouer des relations fortes avec les pays du pourtour de l’Inde, pour se procurer des alliés de revers. Mais, bien avant que l’on ne parle du Collier de perles ou de la Route maritime de la soie, elle a aussi accordé une importance stratégique à l’océan Indien et ses abords.
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