Forces terrestres de manœuvre et dissuasion
La politique militaire de la France est connue. Définie par les hautes autorités de l’État dès la fin de la guerre d’Algérie, elle fut exposée en détail par M. Messmer, à l’époque ministre des Armées, lors de la discussion devant le Parlement des lois de programme militaire. À quelques nuances près, le tableau brossé entre 1962 et 1967 est resté valable.
Parmi les composantes de l’ensemble de nos forces, la force nucléaire stratégique, pièce maîtresse de notre politique de dissuasion, a une fonction privilégiée : contesté par certains, soit pour des motifs d’ordre moral, soit par crainte que l’armement atomique ne fût une cause de division durable entre nos partenaires de l’Alliance atlantique et nous, le rôle de la F N S apparaît assez clairement à la majorité de nos compatriotes. Et, à l’extérieur, beaucoup de ceux qui avaient mis en doute le bien-fondé de notre politique de défense reconnaissent désormais la justesse des principaux arguments retenus par la France pour se doter d’un armement de destruction massive, à savoir que son effet dissuasif n’est pas proportionnel au nombre des armes et qu’une puissance moyenne peut ainsi disposer d’un « deterrent » valable ; la lecture de plusieurs articles de la presse anglo-saxonne des deux dernières années montre quelle évolution s’est produite dans ce domaine en faveur des idées françaises.
En revanche, le rôle des forces de manœuvre, en particulier de leur composante terrestre, et de l’armement atomique tactique, est en France souvent discuté, et des arguments contradictoires sont mis en avant pour critiquer ce dernier, par les uns au nom de la politique de dissuasion, par les autres en vertu de leur attachement aux conceptions de la stratégie et de la tactique classiques.
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