Politique et diplomatie - Présence américaine et défense de l'Europe
Alors que le débat se poursuit entre les Neuf et les États-Unis, et plus précisément entre Washington et Paris comme entre la France et ses partenaires européens, il me paraît intéressant de revenir sur certaines données du problème de la sécurité — ou de la défense — de l’Europe occidentale. En effet, il ne convient pas d’oublier que c’est à propos de la sécurité de l’Europe et des États-Unis que se sont noués les rapports d’alliance et d’interdépendance qui unissent aujourd’hui aux États-Unis les membres européens de l’Alliance atlantique : ce sont des raisons de sécurité militaire et politique qui, après la deuxième guerre mondiale, ont prolongé sous une forme qui s’est adaptée aux circonstances la présence de forces américaines en Europe centrale et qui ont poussé Européens et Américains à conclure en 1949 le traité de Washington. Jusqu’à ce jour, la doctrine constamment affirmée du gouvernement français a été que — rebus sic stantibus — l’équilibre européen exigeait : — 1° le maintien de la garantie américaine, essentiellement de la garantie nucléaire, dans le cadre de l’Alliance atlantique ; — 2° le maintien de forces américaines en Europe centrale, c’est-à-dire sur le territoire de la République fédérale.
Cela signifiait et cela signifie toujours qu’aussi longtemps que l’équilibre des forces et la situation politique ne sont pas modifiés fondamentalement en Europe, l’alliance avec l’Amérique du Nord est nécessaire et la présence de forces américaines en Europe également.
Mais cela dit, il était clair hier, il doit être clair aujourd’hui que l’Alliance atlantique dès l’origine a été considérée à Washington comme un élément nécessaire de la sécurité américaine et comme servant les intérêts des États-Unis, tout comme la présence d’hommes et d’équipements américains en Allemagne occidentale. Il n’y a d’ailleurs pas de contradiction à constater simultanément que l’équilibre militaire en Europe suppose l’alliance et la garantie américaines et qu’en donnant leur garantie dans l’alliance les États-Unis servent fondamentalement leurs propres intérêts.
Il reste 84 % de l'article à lire







