La guérilla tchétchène a changé de tactique. Elle a transféré ses actions à l’extérieur de la Tchétchénie. En revanche, la direction russe continue à insister sur un « règlement » politique, visant à exclure les indépendantistes. La scission russo-tchétchène est profonde et ancienne. Elle remonte à la déportation de 1944. Le conflit tchétchène nécessite une approche géopolitique, prévoyant une recomposition du Moyen-Orient et une restructuration de la CEI.
La géopolitique du conflit tchétchène
L’un des plus fins connaisseurs des dessous du conflit tchétchène, ancien président du Parlement russe Rouslan Khasboulatov, a donné récemment une image très juste de la place de la Tchétchénie dans la vie politique russe. Selon lui, l’instabilité tchétchène représente le seul élément constant de la Russie de Vladimir Poutine, le reste évoluant dans un chaos imprédictible. Même l’élection de V. Poutine à la prochaine présidentielle (mars 2004) n’est pas encore assurée, ni le score d’aucune force politique, ni encore moins la reprise économique qui se profilait timidement ces deux dernières années. Or, la poursuite du conflit en Tchétchénie, rajoute-t-il, constitue une certitude.
En avril 2003, il a fait savoir que la seconde guerre de Tchétchénie avait coûté à la Russie 40 milliards de dollars américains. Toujours selon M. Khasboulatov, l’opération antiterroriste que l’armée fédérale mène en république rebelle depuis trois ans et demi a consommé pratiquement le montant d’un budget annuel de la Russie. En d’autres mots, la Russie perd en Tchétchénie presque un quart de son budget par an (1).
La question est de savoir jusqu’où la Russie est prête à aller afin de conserver la Tchétchénie en proie à une guérilla permanente et victime d’un marasme économique endémique.
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