Dans nos livraisons de janvier et février 1986, Martial Dassé avait fait une étude approfondie de cette zone d'intérêts toujours croissants désormais nommée Asie-Pacifique. L'auteure apporte des précisions sur cet « instrument politique » que constituent les bases américaines de cette région ainsi que des réflexions sur les Philippines d'autant plus intéressantes que cet État aux sept mille îles a changé de gouvernement sous la pression intérieure… et celle des États-Unis.
Bases et points d'appui américains en Extrême-Orient
Les élections présidentielles de février dernier aux Philippines, presque un siècle après l’arrivée massive des Américains dans la zone, font ressortir l’importance des bases militaires des États-Unis dans l’équilibre des forces en Extrême-Orient. L’incertitude liée à la consultation électorale dans ce pays a montré combien l’équation stabilité politique-démocratie-bases étrangères était fragile. Face à l’avancée permanente de l’URSS dans la région, les États-Unis ont plus que jamais besoin des bases philippines sur lesquelles repose l’essentiel de leur dispositif militaire en Asie du Sud-Est et, in extenso, en Asie-Pacifique.
L’enjeu est considérable pour Washington : ce réseau de bases, créé pour permettre la projection de la puissance américaine dans cette partie du monde, constitue toujours la clef de voûte de son dispositif militaire, diplomatico-politique et économique en Extrême-Orient. Il s’agit d’un système composé de pièces d’inégale valeur bien que complémentaires, réparties le long du flanc Est du continent asiatique. Ce réseau apporte la garantie régionale de l’engagement américain afin d’assurer, en cas de dégénérescence de crise, le succès des valeurs démocratiques et capitalistes défendues par les États-Unis. Ces bases n’en sont pas moins exposées aux incertitudes politiques des pays sur lesquels s’appuie Washington en Extrême-Orient.
Un instrument de la politique étrangère américaine
Trois moyens d’expression sont généralement retenus pour orienter la politique étrangère d’un État : les négociations diplomatico-politiques, le choix des partenaires économiques et le recours à la force armée. Les bases militaires représentent un condensé de ces trois moyens : maillon intermédiaire d’un dispositif de sécurité globale, leur présence autorise des négociations plus actives entre belligérants potentiels et protège les économies libérales et les artères commerciales nécessaires aux États-Unis.
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