Rita aux États-Unis : stratégie commerciale
C’est à la fin de 1982 que les Américains ont manifesté de l’intérêt pour le RITA, après avoir fait en France de nombreuses visites qui leur ont permis de prendre conscience que ce système existait, qu’il fonctionnait et que ses performances pouvaient répondre à leurs besoins opérationnels. Forts de ce constat, Thomson et Sintra qui, à l’époque, n’était pas encore dans le groupe Thomson, décidèrent le 15 février 1983, de constituer un groupe de projet pour répondre au futur appel d’offres concernant ce programme MSE.
Il faut reconnaître que c’était une décision déjà courageuse à ce moment-là, car nous n’avions pas grande connaissance de ce que pourrait être cet appel d’offres, et approcher le marché américain sur un programme de cette taille et pour la défense relevait plutôt de la mission impossible. Ce groupe de projet était constitué d’une petite équipe, une « task-force », dont la mission première était de trouver un partenaire américain ; cela apparaissait nécessaire et la suite a d’ailleurs prouvé qu’il fallait avoir un maître d’œuvre aux États-Unis pour répondre à un tel marché du ministère de la Défense.
Ce que nous attendions de ce partenaire consistait en deux choses : d’abord qu’il soit compétent et surtout qu’il soit motivé. À partir de nos implantations aux États-Unis, nous avons fait réaliser une petite enquête pour dresser une liste des « maniables ». Puis nous avons rendu visite à cinq ou six firmes pour leur présenter le RITA et leur expliquer nos chances de gagner dans cette opération. Il a fallu déployer pas mal d’efforts pour convaincre les industriels américains que nous, entreprises françaises, étions crédibles face à leurs exigences. Finalement, en juillet 1983, nous avons retenu GTE. Cette entreprise avait la compétence technique : la division des communications, qui se trouve près de Boston, travaille avec l’armée dans environ 70 % de ses activités et a collaboré au programme Tritac ; de plus GTE jouissait d’une bonne image de marque contrairement à certains autres industriels. Donc, compétences technique et commerciale et enfin motivation, car il y avait lutte entre la division correspondante d’ITT et celle de GTE dans le domaine des commutateurs tactiques, et c’était une question de survie pour la famille des commutateurs de cette dernière que de gagner cette partie. Nous étions donc assurés d’avoir un partenaire totalement motivé.
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