Membre de l'Institut du Pacifique, l'auteur vient d'écrire un ouvrage ASEAN, vingt ans d'existence, bilan et perspectives (La Documentation française). Elle connaît bien les problèmes de cette région du monde et présente ici, à l'occasion du 20e anniversaire de l'Association des nations du Sud-Est asiatique ou ANSEA – sigle français adopté par la rédaction de la revue –, une synthèse du bilan de cette organisation.
L'Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN), vingt ans après
La réunion des chefs d’État des pays membres de l’ANSEA (1), prévue à Manille le 10 décembre prochain, suscite des espoirs largement à la hauteur des difficultés que connaît aujourd’hui l’Organisation. Tout le monde s’accorde sur le fait que cette rencontre au sommet doit permettre à l’ANSEA de reprendre un second souffle à l’aube de sa troisième décennie.
Cette rencontre est historique à double titre. Le sommet de Manille fournit d’abord l’occasion aux chefs d’État de se réunir pour la première fois depuis 11 ans. C’est en effet en février 1976 que la dernière réunion au sommet avait eu lieu à Bali sous le choc de la victoire communiste en Indochine. À l’exception des deux vétérans, Lee et Suharto (2), les dirigeants de l’ANSEA vont d’abord apprendre à se connaître et à confronter en commun leurs idées. Les rapports de confiance mutuelle sont à la base des solutions qui seront évoquées lors de cette rencontre.
Ensuite, les problèmes auxquels doit faire face l’Association touchent un vaste éventail de domaines dont la nature a largement évolué depuis 11 ans. Principalement d’ordre externe dans les quinze premières années de son existence, les menaces les plus déstabilisantes pour l’ANSEA sont à présent d’origine interne. À la fois économiques, politiques, sociales et stratégiques, les pressions gagnent en intensité. Aucun pays membre n’est épargné : la coopération régionale se détend et les sentiments nationalistes réapparaissent ici et là.
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