Le défi du double zéro
Renouveau défense a fait le 10 mai 1987 un point exhaustif de la négociation amorcée à Reykjavik en octobre 1986 en vue de l’élimination des FNI — forces nucléaires intermédiaires —, Pershing II et Tomahawk américains stationnés en Europe et SS 20 soviétiques.
Pour l’essentiel, le document intitulé « L’affaire de l’option zéro » prenait acte, dans un souci de réalisme, du consensus qui paraissait dès cette date acquis chez nos partenaires européens pour un retrait au moins partiel des missiles américains et soviétiques de 1 000 à 5 000 kilomètres de portée, les LRINF (2) ; dénonçait les dangers d’une dénucléarisation possible de la défense de l’Europe inscrite dans la dynamique qui s’engageait ; dans cette optique et en vue de préserver la possibilité de déploiements alliés futurs, prônait la fermeté sur le chapitre des missiles de 500 à 1 000 kilomètres de portée, les SRINF (2), bien que le nombre des armes de cette catégorie à éliminer par les Soviétiques soit beaucoup plus important que celui à éliminer par les Alliés, limité actuellement aux 72 Pershing IA allemands ; constatait le défi lancé aux Européens par l’option zéro et définissait la réponse à lui donner : une Europe solidaire assumant des responsabilités plus directes et plus larges en matière de sécurité ; invitait les responsables français à renoncer à certaines rigidités doctrinales, rendues souvent dérisoires par l’évolution même des techniques, qui bloquent toute possibilité de concertation militaire européenne sérieuse et souhaitait que notre pays prenne les initiatives qui lui reviennent dans le dialogue allié.
Le ralliement de la Grande-Bretagne à l’idée d’une négociation américano-soviétique s’étendant aux SRINF, annoncée le 14 mai, a ouvert la voie à une évolution tout autre que celle que nous souhaitions : c’est d’un « double zéro » qu’il s’agit désormais, avec tous les risques de dérives dangereuses pour l’Alliance que celui-ci comporte.
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