L'auteure a déjà abordé le problème des bases américaines aux Philippines, une région qu'elle connaît bien, dans notre livraison d'août-septembre 1986. Cette affaire n'en a pris que plus d'importance au fil des ans, aussi bien du côté américain que de celui des Philippins, pour des raisons différentes bien évidemment. Ici, elle analyse les éléments de la situation et tente d'entrevoir une solution qui satisferait les deux parties, ainsi d'ailleurs que les autres États de la zone.
Les négociations sur les bases américaines aux Philippines
Les négociations sur les bases américaines aux Philippines ont formellement commencé en avril. Elles ont un enjeu capital : décider si le dispositif américain va être maintenu dans l’archipel ou démantelé.
Le bail sur les bases (Military Bases Agreement, MBA) a été signé le 14 mars 1947. Initialement conclue pour 99 ans, la durée du bail a été réduite en 1966 à 25 ans. Celui-ci arrive donc à expiration le 16 septembre 1991, « après quoi, à moins qu’il ne soit prolongé par un accord mutuel, le bail prendra fin à la suite d’une notification d’un an par l’un ou l’autre gouvernement » (1). Si Washington et Manille ne parviennent pas à un « accord mutuel », les États-Unis seront donc contraints de retirer leur dispositif avant septembre 1992. Si le maintien est décidé, il faudra définir pour combien de temps et à quel prix.
L’enjeu de ces négociations est clair : pour les États-Unis, il s’agit de déterminer la forme et les instruments de leur puissance en Asie-Pacifique à l’aube du XXIe siècle. Le rayonnement militaire américain repose, entre autres, sur un chaînon de bases étrangères qui s’étend du Japon à l’Australie en passant par la Corée du Sud et les Philippines. Pour Manille, il s’agit de décider de la contribution nationale à ce dit rayonnement.
Il reste 96 % de l'article à lire
Plan de l'article







