Après cinq années de discussions acharnées, infructueuses, souvent dilatoires et détournées, les 57 États de l’OSCE sont parvenus à un accord sur le budget unifié annuel pour l'année 2026. La difficulté de parvenir à un tel résultat indique en elle-même que celui-ci présente de sérieux manquements aussi bien sur la procédure que sur le résultat. Il réduit les ressources budgétaires de l'OSCE et, par contrecoup, ses effectifs. Même si des réformes dans le fonctionnement de l'OSCE sont nécessaires et souhaitables, ce budget ne résout rien et ne fait que complaire aux États les moins allant. L'ambition peut attendre.
OSCE: finally a budget!
After five years of arduous, fruitless, often dilatory and circumventing discussions, the 57 OSCE States have reached an agreement on the unified annual budget for 2026. The difficulty in achieving such a result indicates serious shortcomings in both procedure and outcome. It reduces the OSCE's budgetary resources and, consequently, its staff. While reforms to the OSCE's operations are necessary and desirable, this budget resolves nothing and merely appeases the least proactive States. Ambition can wait.
« L’espérance n’est pas l’attente mais le courage d’agir »
Charles Péguy
Après cinq années d’un blocage inédit, les 57 États participants de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont finalement adopté le budget unifié annuel 2026, le jeudi 19 mars, lors de la réunion hebdomadaire du Conseil permanent.
Le budget, otage des États
Depuis le 18 août 2021, les États n’étaient pas parvenus à s’accorder pour adopter le budget unifié annuel (1) de l’Organisation. Cette paralysie procédurale n’a pas empêché l’Organisation de fonctionner sur un mode « affaires courantes ». En effet, malgré l’absence de budget, la grande majorité des États versaient leur contribution à l’OSCE dont les caisses n’étaient pas asséchées. Par ailleurs, les règles budgétaires autorisent l’utilisation les fonds sur la base du dernier budget voté (2021) et le versement aux organes de l’OSCE d’allotements périodiques et proportionnés tout au long de l’année. Ce système de versements intermittents permet à l’Organisation de continuer son existence, mais lui interdit autant d’engager des dépenses importantes que de les planifier sur l’année en cours ; par ailleurs la marge d’initiative des différentes composantes de l’OSCE s’en trouve réduite au strict minimum.
Il reste 88 % de l'article à lire