Dans sa nouvelle chronique du Moyen-Orient, l'ambassadeur Besancenot analyse l'évolution de la situation entre l'Iran et les États-Unis, notamment autour du détroit d'Ormuz. Le cessez-le-feu précaire au Moyen-Orient masque une confrontation indirecte : l’Iran bloque Ormuz et les États-Unis maintiennent la pression. Aucune issue militaire n’émerge et les négociations piétinent. Parallèlement, les Émirats arabes unis quittent l’Opep, misant sur l’autonomie énergétique et la diversification de l'économie.
Middle East Chronicles —Middle East War and the UAE's withdrawal from OPEC: towards a redefinition of regional balances
In his latest Middle East column, Ambassador Besancenot analyzes the evolving situation between Iran and the United States, particularly regarding the Strait of Hormuz. The precarious ceasefire in the Middle East masks an indirect confrontation: Iran is blockading Hormuz, and the United States is maintaining pressure. No military solution is emerging, and negotiations are stalled. Meanwhile, the United Arab Emirates is leaving OPEC, banking on energy independence and economic diversification.
La prolongation du cessez-le-feu dans le conflit au Moyen-Orient constitue apparemment moins un moment de calme qu’une admission tacite que la guerre, sous sa forme classique, n’est plus l’option privilégiée, ni facilement réalisable. À sa place, on est peut-être entré dans une phase plus complexe et sans doute plus fragile : un conflit qui continue mais sous une forme modifiée, contenue, calibrée et constamment renégociée.
Après des semaines de confrontation directe, les États-Unis et l’Iran sont en effet engagés dans ce que l’on peut qualifier de guerre d’usure gérée. Le champ de bataille n’a pas disparu ; il a juste changé. La prolongation du cessez-le-feu, annoncée par le président Trump, n’est pas intervenue après une avancée majeure, mais dans une impasse, alors que Washington attend toujours une « proposition unifiée » acceptable de Téhéran pour relancer les négociations. Cela révèle la réalité sous-jacente : la diplomatie se poursuit sous médiation pakistanaise non pas parce que les conditions se sont améliorées, mais parce que les alternatives sont devenues trop coûteuses.
Pourtant, bien que les armes se soient relativement tues, le conflit lui-même ne s’est pas calmé : il a migré vers l’espace maritime autour du détroit d’Ormuz, désormais l’axe central de pression. L’Iran a alterné entre la restriction et la proposition de rouvrir le détroit, tandis que les États-Unis maintiennent un blocus naval explicitement lié aux exigences plus larges du programme nucléaire de Téhéran. Le résultat est une situation paradoxale, un cessez-le-feu aérien et terrestre, avec une impasse en mer.
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