Frégate de défense et d'intervention (FDI) © Naval Group
La Suède opte pour 4 FDI françaises, marquant un tournant stratégique. Stockholm relance sa flotte avec un contrat historique de 4 milliards d’euros. La sécurité d’approvisionnement a primé : les FDI évitent les délais d’un développement local. La Suède doit désormais assurer le Sea Control face aux menaces russes.
Sweden buys four FDI frigates: a strategic turning point between naval tradition and modern warfare
Sweden has chosen four French FDI frigates, marking a strategic turning point. Stockholm is revitalizing its fleet with a historic €4 billion contract. Security of supply was the primary consideration: the FDI frigates avoid the delays associated with local development. Sweden must now ensure sea control in the face of Russian threats.
L’achat par la Suède de quatre Frégates de défense et d’intervention (FDI) françaises a, bien sûr, suscité un débat – il s’agit de la plus importante transaction militaire conclue par la Suède (4 milliards d’euros à Naval Group) depuis la décision de développer l’avion de chasse JAS 39. Le débat a porté, d’une part, sur le choix d’un fournisseur français et, d’autre part (et surtout), sur l’opportunité ou non d’acquérir des frégates de défense et d’intervention (FDI). La Suède est fière de son industrie de défense et, pour beaucoup, il aurait été naturel de choisir l’offre de SAAB, qui prévoyait que le navire lui-même serait construit par Babcock. C’est la sécurité d’approvisionnement qui a fait pencher la balance : l’option de SAAB aurait impliqué un nouveau développement, tandis que la FDI française est un navire existant. La livraison est prévue pour 2030, à raison d’une frégate par an. Cela ne fait guère l’objet de contestations. La question de principe de savoir s’il faut ou non des frégates a, en revanche, suscité des réactions. La Suède a mis hors service son dernier grand navire de combat, le HMS Halland, en 1982 ; la décision d’acheter des frégates a donc surpris. Pourquoi ne pas acheter plutôt des navires sans équipage bon marché, sur le modèle de ceux de l’Ukraine ? Ce débat rappelle celui qui a eu lieu en France lors de la controverse entre la Jeune École et les partisans des cuirassés, qualifiés à l’époque de « fils d’archevêques » (1).
La critique
La critique peut se résumer ainsi : les frégates sont dépassées. Les frégates sont trop grandes pour la mer Baltique, où elles seraient immédiatement repérées et coulées, à l’instar du croiseur russe Moskva en 2022. La guerre navale moderne consiste d’ailleurs à rendre impossible ou extrêmement dangereux toute opération dans une zone donnée – et non à dominer la mer avec de grandes unités. Enfin, un grand navire de guerre est construit pour opérer pendant trente à quarante ans, alors que la guerre d’aujourd’hui évolue en quelques mois seulement !
La Suède devrait donc plutôt miser sur des unités de missiles mobiles à terre ainsi que sur des systèmes sans pilote à la surface, au-dessus et sous la surface. La mission de la Suède n’est pas de projeter sa puissance sur les océans, mais de rendre extrêmement coûteux toute attaque contre notre zone de proximité.
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